Les retables des « peintres primitifs niçois »:les Bréa

    Les peintres primitifs niçois sont les peintres originaires du Pays niçois, territoire successivement dominé par les comtes de Provence et par les ducs de Savoie à partir de 1388, ou du Piémont ayant exercé leur art dans le comté de Nice ou dans le Piémont proche, territoires qui faisaient partie, au XVe siècle et XVIe siècle, des États de Savoie.Un commerce important va se développer entre mer et montagne sur les routes du sel, sur les étapes desquelles seront construites des églises et  des chapelles richement décorées par ces peintres et dédiées aux saints protecteurs.La grande richesse de la région permettait aux commanditaires de passer des accords avec ces artistes sur les thèmes  et les couleurs souhaités.

On ne peut toutefois  pas parler d’école de peinture niçoise car en dehors de la famille Bréa, il n’y a pas eu d’enseignement.

D’une famille établie à Nice depuis plusieurs générations, les Bréa furent trois peintres actifs entre le dernier quart du xve siècle et le milieu du xvie. Louis, le plus justement célèbre ; son frère Antoine collabore sans génie personnel avec lui et meurt en 1527 ; le fils de ce dernier, François, est cité de 1525 à 1555 et prolonge la manière familiale.Ludovic Bréa (Nice,v1450-v1522/1525) et son atelier ont exercé leur art dans le compté de Nice,à Monaco et en Ligurie.

Les peintures des BREA se présentent sous la forme de retables en panneaux de bois encadrés par un décor sculpté et doré. Le retable est destiné à servir de support à la dévotion collective, il est toujours situé dans un lieu de culte (église ou chapelle). L’origine du mot renvoie à sa fonction liturgique et à son emplacement (retro tabula) : il surmonte l’autel. Il est composé d’un panneau rectangulaire dont la largeur varie selon les périodes.Leurs thèmes sont essentiellement religieux : des scènes traditionnelles les plus répandues de son temps. Les sujets les plus développés sont la Vierge, puis le Christ et un grand nombre de Saints. La représentation des sujets religieux est un support de communication plus ou moins efficace à travers le temps. Le peuple cherchait une protection. Sur le retable, la mise en image des Saints, leurs statures dans la composition, leurs attitudes répondaient à la société  du Moyen-Age.Chaque saint était rapidement reconnu grâce à son emblème : Marie-Madeleine et son pot d’onguent, Saint Jean Baptiste avec son mouton, St Georges et le dragon, st Martin et le manteau qu’il partage…

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Louis Bréa, Crucifixion, Cimiez,1512, Nice

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La Piéta ,Ludovic Bréa(détail du retable ci-dessus)

 

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retable(4x3m) de la Vierge du Rosaire,Louis Bréa,vers 1505,Église de Biot(AM)

Ces retables sont remarquables notamment par les tendres figures féminines empreintes de ferveur médiévale et embellies par une sérénité rêveuse et un sentiment de réserve.

A l’occasion de la manifestation « 1516-2016 : un anniversaire pour l’histoire de Nice », le Musée des Beaux-arts  de Nice présente le retable de Saint Michel peint par Antonio Brea en 1516 à Nice,retable qui a fait l’objet d’une récente restauration. Originaire de Nice, la famille Bréa a amorcé une véritable émulation picturale entre Gênes et Marseille aux XVe et XVIe siècles.(exposition jusqu’au 18 septembre 2016)

9462721-15177530

Pour en savoir plus:

http://www.musee-beaux-arts-nice.org/

-le Cercle Bréa:12 bis Rue Benoit Bunico, 06300 Nice Téléphone :04 93 27 27 01

-Le Livre de référence de Germaine et Pierre Leclerc:Louis Bréa,un Poème de l’Unité ,éditions MAME

 

Catégories : HistoirePeinture

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