L’île Madame, toute petite île de l’archipel charentais, a une superficie totale est de 0,78 km2. Elle s’étire sur une longueur maximale de 800 m et sur une largeur maximale de 400 m, ayant la forme d’un rectangle.

carte de l’embouchure de la Charente 1753

Elle est reliée au continent par une voie en sable et galets, appelée la Passe aux bœufs, longue d’environ 1 km, accessible uniquement à marée basse. Il s’agit d’un tombolo, cordon dunaire formé de dépôts d’origine sédimentaire et fluviale, qui est en train de souder l’île Madame au continent. 

Elle tiendrait son nom, soit d’Anne de Rohan-Chabot, maîtresse de Louis XIV, ou de l’abbesse de l’abbaye aux Dames de Saintes, qui portait le titre de « Madame de Saintes ». Elle s’est aussi appelée l’île de la Garenne, sans doute à cause de l’abondance des lapins du même nom qui étaient ses seuls habitants. Sous la Révolution, elle est appelée l’île Citoyenne.

Au nord de l’île, se trouvent une redoute (ancienne fortification militaire) de forme carrée, édifiée en 1703 et partiellement constituée de pierre de Crazannes, ainsi que des casemates. Ces constructions participaient au système de défense de la « rade de Rochefort « , à l’entrée de la vaste embouchure de la Charente, pour protéger Rochefort et son arsenal militaire.

Au sud-est de l’île, une grande croix de galets à même le sol marque l’endroit où furent ensevelis 254 des 829 prêtres déportés. Ce site est la destination d’un pèlerinage au mois d’août : les participants traversent la passe aux Bœufs avec un galet qu’ils déposent à l’arrivée sur la croix.

D’août  1794 à janvier 1 795,829 prêtres réfractaires, ayant refusé de prêter serment à la nouvelle constitution, furent emprisonnés à bord des pontons de Rochefort, le Washington et les Deux Associés, d’anciens navires négriers, puis au large de l’île d’Aix enfin sur l’île Madame. 547 d’entre eux moururent de maladie et d’épuisement, 254 sont enterrés sur l’île Madame, 226 sur l’île d’Aix, et 67 à Rochefort. 64 prêtres réfractaires, dont Jean Baptiste Souzy, nommé par l’évêque de La Rochelle, vicaire-général, pour soutenir ses compagnons, ont été béatifiés par le pape Jean-Paul II en 1995.

Après l’épisode sanglant de la Commune de Paris, des communards y furent envoyés. Pour s’approvisionner en eau douce, ils creusèrent au nord de l’île un puits, appelé depuis puits des Fédérés ou puits des Insurgés. Ce puits, foré en mer à 25 mètres du rivage, est accessible par une passerelle , interdite en 2013 pour vétusté.

 


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