Alexis Mossa est un peintre de genre, de figures et de paysages né le  à Santa-Fe de Bogota (Colombie) de parents niçois (François-Isidore Mossa – issu d’une famille savoyarde établie à Nice vers 1730, les Mossaz devenus Mossa à cause d’une mauvaise transcription d’état-civil – et son épouse originaire de Biot, née Louise Durbec). Il est également l’auteur de projets d’architecture. Il est mort le  à Nice .

Alexis est  considéré comme le grand imagier du carnaval: les projets de chars, les albums de carnaval et les affiches qu’il peint vont, par leurs références culturelles, par leur originalité, voire leur drôlerie, aboutir à un univers proche du fantastique (ils inspireront le Carnaval de La Nouvelle-Orléans), mêlant les personnages mythiques, symboliques ou allégoriques (« Sa Majesté Carnaval », « Madame Carnaval » sont ses créations) aux figures historiques locales.

affiche Alexis Mossa 1889

On connaissait moins de son vivant les aquarelles d’Alexis Mossa qu’il exposait rarement. Elles ne furent vraiment révélées que cinquante ans après son décès (en fait après la disparition de son fils Gustave-Adolphe qui les avait gardé confidentielles dans des cartons à dessins), lorsque le  une étude parisienne mit en vente aux enchères à l’Hôtel Drouot 140 d’entre elles, généralement de format 26×20cm (Gérald Schurr évalue qu’il en signa en fait plus de 8.000, Raoul Mille estimant qu’il en peignait 300 chaque année), révélant que l’émerveillement initial d’Alexis face aux lumières colombiennes ou niçoises s’était de même produit en Italie (à Venise, Gênes, Pise, Sienne ou Florence), dans la Forêt de Fontainebleau, en Normandie, à Bendejun, à la Porte des Barres du Cians ou au Baou de Saint-Jeannet à Vence.

Alexis Mossa,l’église de Saint-André-de-la-Roche aquarelle 22 juin 1890

Pour une part d’entre elles (exposition au Musée du Palais Lascaris en   )à Nice, ces aquarelles ont le mérite historique de recenser et décrire un patrimoine ecclésial méconnu ou oublié.

Le fils d’Alexis,Gustave-Adolphe,fut initié par son père à l’art du paysage à l’aquarelle aux alentours de Nice et dans l’arrière-pays.

Gustave-Adolphe Mossa,chapelle Sainte Marie près Notre-Dame-de-Fenestre,aquarelle,25 août 1910

Jusqu’en 1900, Gustave-Adolphe Mossa étudie à l’École des arts décoratifs de Nice où il apprend le style Art nouveau. Il étudie l’anatomie, les dessins de plantes et assimile tout le vocabulaire végétal de l’Art nouveau. Il réalise également de nombreuses études de mobiliers et de décors.

Au début des années 1900, il se met à écrire des pièces de théâtre et des poèmes. Après sa visite de l’Exposition universelle en 1900, il est porté par le mouvement symboliste finissant et l’Art nouveau et peint sa première grande toile symboliste qu’il intitule  » Salomé ou Prologue du Christianisme  » (1901). Il visite l’Italie avec son père, où il découvre Gênes, Pise, Sienne et Florence. Dans la lignée de son père, il réalise également ses premières œuvres pour le carnaval de Nice.

De 1904 à 1911, il décide de se consacrer totalement à ses tableaux d’inspiration symboliste. Il expose en 1911 à la Galerie Georges Petit et vend de nombreux oeuvres. Il découvre alors l’art primitif flamand et abandonne le symbolisme.

À la mort de son père en 1926, il prend sa succession comme conservateur du Musée des Beaux-Arts de Nice.

Lorsque Gustave-Adolphe Mossa meurt le 25 mai 1971, son œuvre symboliste est redécouverte, occultée par lui-même à ses proches et au public qui le connaissait essentiellement par son travail d’imagier du carnaval de Nice.

Gustave-Alexis Mossa,La Sirène repue 1905

L’œuvre symboliste de Gustave Adolphe Mossa est un ensemble de références à la mythologie, à la Bible, aux légendes et aux héroïnes de Shakespeare. Une grande partie de son oeuvre se cristallise autour de la tension perpétuelle entre les pulsions de vie et de mort. Il s’intéresse à l’inconscient, au conflit qui selon lui gère les relations humaines et plus particulièrement les relations entre les hommes et femmes.

L’œuvre de Mossa prend pleinement sa place dans l’esprit de l’Art nouveau de son époque, à travers la représentation du mobilier, des vêtements et des bijoux, dont la minutie est grandissante au fil de ses tableaux.

 

 

Catégories : Peinture

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