Manuel Azaña Díaz, écrivain, journaliste, homme politique et homme d’État espagnol,né le  à Alcalá de Henares et mort en exil le  à Montauban où il est inhumé.

Président du gouvernement provisoire de la République espagnole (du  au ), président du Conseil des ministres de 1931 à 1933 et à nouveau en 1936, et second président de la Seconde République de 1936 à 1939, Manuel Azaña est une des grandes figures du républicanisme en Espagne.

Président du Conseil à partir de 1931, il entreprend de réformer une Espagne agraire en retard, divisée et sclérosée par les inégalités. Il est notamment l’un des grands artisans de l’introduction de la séparation de l’Église et de l’État en Espagne sous la Seconde République. Malgré de nombreuses réformes majeures, Azaña ne peut empêcher la formation de deux Espagne antagonistes durant l’entre-deux-guerres.

Dessin montage Michel Bois

Élu président de la République par les Cortes au printemps 1936, il devient l’un des chefs de file du camp républicain à la suite du déclenchement de la guerre civile. De 1936 à 1939, Azaña assiste impuissant aux divisions du camp républicain et à l’internationalisation d’un conflit entre espagnols, la guerre civile, qui se transforme à la suite de l’intervention de l’URSS, du Mexique, de l’Italie fasciste et du IIIe Reich en un conflit international, la guerre d’Espagne, véritable terrain d’affrontement entre fascistes et antifascistes. À la suite de la défaite de la République et de la victoire des nationalistes de Franco, Azaña est contraint à l’exil en février 1939 et trouve refuge provisoirement dans le Sud-Est de la France en Haute-Savoie puis meurt le  à Montauban. Manuel Azaña s’est affirmé très tôt comme un vrai chef politique tout en étant un homme pondéré mais peu avare de sens critique.C’est aussi un écrivain de renom. 

extrait de la lettre de démission du 27 février 1939 adressée au Président des Cortès,M Martinez-Barrios

« Depuis que le général en chef de l’état-major central,directeur responsable des opérations militaires,me fit savoir,en présence du président du conseil des ministres,que la guerre était irrémédiablement perdue pour la République,et avant même que,comme conséquence de la défaite,le gouvernement conseillât et organisât mon départ d’Espagne,j’ai accompli le devoir de recommander et proposer au gouvernement,en la personne de son chef,l’immédiate conclusion d’une paix dans des conditions humanitaires,afin d’épargner aux défenseurs du régime et au pays entier de nouveaux et stériles sacrifices.

Personnellement j’ai travaillé dans ce sens pour autant que mes moyens limités d’action me le permettaient.Je n’ai rien obtenu de positif.La reconnaissance du gouvernement légal de Burgos de la part des puissances,particulièrement de la France et de l’Angleterre,me prive de la représentation internationale nécessaire pour faire entendre aux gouvernements étrangers avec l’autorité officielle de ma charge non seulement ce que me dicte ma conscience d’Espagnol,mais ce qui est le désir profond de l’immense majorité de notre peuple.L’appareil politique de l’Etat, parlement,représentation supérieure des partis,etc ayant disparu,il me manque en dedans et au dehors de l’Espagne,les organes de conseil et d’action indispensables,pour exercer conformément à mes prérogatives présidentielles l’activité gouvernementale dans la voie que les circonstances exigent impérativement.

Dans de telles conditions,il m’est impossible de conserver,même de nom,un poste auquel je n’ai pas renoncé le jour même de ma sortie d’Espagne parce que j’espérais que ce délai serait profitable à la paix.

Je remets donc dans les mains de Votre Excellence,comme président des Cortès,ma démission de président de la république,afin que Votre Excellence daigne lui donner les suites nécessaires. »

Collonges-sous-Salève,25 février 1939

La Tribune de Genève 1er mars 1939

« Le choix du président de l’Espagne républicaine de s’installer au lieu-dit La Prasle à Collonges-sous-Salève tient aux liens existants entre sa famille et celle de Geneviève Troupel, fonctionnaire internationale de la Société des Nations à Genève. Mais aussi à l’engagement de Marcel Griaule, beau-frère de Geneviève Troupel, ethnologue de réputation mondiale, domicilié à La Prasle qui fut notamment conseiller spécial du Négus éthiopien Hailé Sélassié lors de l’examen par la SDN de l’invasion menée par l’Italie fasciste de Mussolini. Dans ces fonctions, il s’était lié d’amitié avec le gouvernement républicain espagnol.Manuel Azaña meurt le  à Montauban dans l’hôtel du Midi, abritant le siège de la légation du Mexique, où il avait reçu asile en vue d’entraver les manœuvres des polices pétainiste et franquiste visant à son enlèvement ; le , son cercueil est amené au cimetière de la ville recouvert d’un drapeau mexicain, répliquant en cela à l’interdiction faite par « le préfet Albert Durocher d’apposer des drapeaux républicains avant la visite du maréchal Pétain à Montauban. ».

Selon l’historien Max Lagarrigue : « Ce jour-là, plus de 3 000 républicains espagnols et de nombreuses personnalités » l’accompagnèrent jusqu’au cimetière communal de la cité d’Ingres où il repose encore aujourd’hui.

A voir:Bibliothèque Nationale d’Espagne, Madrid

http://www.bne.es/es/Actividades/Exposiciones/Exposiciones/Exposiciones2020/azana-jefe-de-estado-y-jefe-de-gobierno.html

Catégories : EspagneHistoire

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