Pieter Aertsen dit Lange Pier (Pierre le Long), à cause de sa grande taille, est un peintre hollandais, né en 1508 à Amsterdam et mort le  dans cette même ville.

Il fut l’élève d’Allaert Glaesz, qui passait pour un des meilleurs peintres de cette époque. Admis à l’âge de 17 ans à Anvers, il y perfectionna sa manière chez Jan Mandyn, un continuateur habile de Jérôme Bosch.

Il est admis en 1533 parmi les maîtres de l’école d’Anvers, il est l’un des premiers peintres de nature morte, actif à Amsterdam et à Anvers. Outre ce type de peinture, il réalise des peintures de genre, notamment des scènes religieuses pour les églises d’Amsterdam, Louvain et autres, mais ces tableaux furent détruits en 1566 à la suite des troubles religieux. Il a eu comme élève et neveu Joachim Bueckelaer qui passa toute sa vie à Anvers.

Il revint dans sa ville natale d’Amsterdam en 1557 et y acquiert le droit de cité.

Avec ses peintures de marchés, il introduit la vie quotidienne dans la peinture et annonce ainsi ce qui va faire le renom de la peinture néerlandaise du siècle à venir. Il est en particulier considéré comme un précurseur de Brueghel.

L’Étal de boucher 1551,115,6 x 168,9 cm

Ce tableau est une nature morte inversée représentant en son premier plan une nature morte qui occupe l’essentiel de sa surface tandis qu’à l’arrière-plan et en marge apparaît une scène animée de personnages vivants, souvent une scène religieuse,ici une scène biblique minuscule (Fuite en Égypte).Au milieu des jambons, des carcasses, des entrailles et des boyaux, la tête écorchée d’un bœuf, dont l’œil fixe le spectateur, est l’élément du tableau qui attire l’attention. Au centre de l’arrière-plan, on aperçoit la Sainte Famille; la Vierge tend un morceau de pain à un enfant mendiant de la nourriture le long de la route. Le luxe matériel et la générosité spirituelle sont ainsi mis en opposition.

Si Aertsen est aujourd’hui connu comme un peintre de « cuisines » dans lesquelles s’étalent des fruits, du pain, ou de la volaille, ses œuvres, mélanges de sacré et de profane, sont pourtant moralisatrices.Il s’agit d’une allégorie sur la vanité des hommes.Sur ce tableau,à l’arrière, le passé qui s’éloigne avec ses repères, ses valeurs…et au premier plan, la profusion, l’excès, le vice.

Catégories : Peinture

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