L’île de Porquerolles est la plus grande et la plus occidentale des trois îles d’Hyères avec ses 12,54 km2 de superficie. Elle se situe à 2,6 km au sud-est de la Tour Fondue, l’extrémité sud de la presqu’île de Giens, et à 9,6 km à l’ouest de l’île de Port-Cros. Elle forme un arc orienté est-ouest, aux bords découpés, de 7,5 km de long sur 3 km de large. Son pourtour est d’une trentaine de kilomètres. L’île culmine au sémaphore à 142 m. Elle doit son état de conservation au fait qu’elle est propriété de l’État français depuis 1971 et bénéficie du statut de « parc national » depuis 2012

Porquerolles semble avoir été occupée par les Celtes, les Ligures puis les Phocéens, comme en attestent notamment la découverte et les fouilles archéologiques d’un petit village de pêcheurs massaliotes dans l’anse de la Galère. L’île aurait été la Protè (première) ou la Mésé (au milieu) des colons helléniques qui s’étaient installés sur son rivage.La crique de La Galère est une anse naturelle située sur la façade est de l’Île de Porquerolles à la jonction entre les côtes méridionale et orientale,toutes deux inhospitalières.C’est un bon mouillage lorsque souffle le mistral.

aquarelle Michel Bois

Ce site abrite les vestiges d’un village massaliote installé au cours du Ier siècle avant J-C et dont le fond de la population est formé de Grecs.Les fouilles menées en ces lieux ont permis de dégager une zone d’habitations avec des espaces couverts autour d’une cour pourvue d’une aire de battage dallée avec l’amorce d’un urbanisme(rue et égout).

L’importance du poisson dans l’alimentation grecque et de la pêche pour les Massaliotes explique en grande partie l’occupation du site à cause de la proximité du banc poissonneux du Sarranier.La pêche est en effet attestée par l’abondance du plomb sous forme de lests,lingots et de coulures qui, de par leur poids, doivent lester des petits filets pour capturer des thons et des maquereaux.La découverte de cuves donne à penser que la salaison du poisson est pratiquée.

Des cultures sont réalisées sur des terrasses à proximité immédiate,céréales(présence d’une aire à battre),oliviers,amandiers.

Le site est aussi marqué par l’extrême abondance des fragments d’amphores,signe d’échanges commerciaux abondants.Toutefois peu de pièces ont été découvertes,la circulation monétaire est donc faible et l’essentiel des échanges se fait par troc.

L’analyse des amphores montre que la part de l’Italie dans ce commerce est importante pour le vin,la vaisselle et les services à boire.Pour le matériel de cuisine la situation est plus nuancée,Marseille domine toutefois avec les faitouts et les marmites.

Les archéologues pensent que »les bateaux  arrivant d’Italie,surpris par des vents d’ouest contraires,devaient s’abriter dans l’anse de la galère et troquer des amphores de vin et des services de table contre des produits frais:céréales,légumes,fruits,viande(?).Peut-être embarquaient-ils des poissons salés ou fumés pour les revendre plus loin notamment à Marseille ».

Le site semble avoir été abandonné à la fin du Ier siècle après J.-C,ce qui correspond à la période trouble et mouvante issue de l’intervention militaire des Romains  avec la ruine de la puissance territoriale de Marseille.

sources:Le village massaliote de La Galère(île de Porquerolles, Hyères,Var) Jean-Pierre Brun documents d’archéologie méridionale Persée 1991      

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L’île de Porquerolles


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