Né à Montauban, Ingres a fait ses premiers pas aux côtés d’un père sculpteur, qui favorisa son entrée à l’Académie de Toulouse puis encouragea son fils à « monter » à Paris. En 1796, Ingres intègre l’atelier de Jacques-Louis David, le plus grand peintre néoclassique de l’époque, qu’il assiste dans certains travaux. Le jeune homme obtient le Prix de Rome en 1801 et rejoint, en 1806, la Villa Médicis, comme l’offre l’institution académique aux lauréats de ce concours prestigieux.

Lui qui admire les grands maîtres de la Renaissance, en particulier Raphaël, ce séjour romain est providentiel. Il travaille intensément au thème qui restera son préféré : le nu féminin. L’artiste réalise également des peintures d’histoire, principalement sur des thèmes mythologiques. Après la fin de sa résidence artistique, il se marie et demeure à Rome… Une ville à laquelle il reste attaché toute sa vie, occupant même la fonction de directeur de la Villa Médicis de 1835 à 1841.

Bien qu’il soit très talentueux et dessinateur hors pair, le style d’Ingres, jugé trop maniériste, ne plaît guère aux collectionneurs français. L’un des plus célèbres scandales du XIXe siècle concerne sa Grande Odalisque, un nu exposé au Salon de 1819 : Ingres est durement moqué par ses contemporains, qui lui reprochent de ne pas savoir traiter correctement l’anatomie, d’avoir peint une figure archaïque, manquant d’expression et aux proportions difformes.

https://www.louvre.fr/oeuvre-notices/une-odalisque

L’idéal ingresque diffère de l’idéal académique promu par l’Académie des Beaux-Arts. Selon Ingres, la beauté est subjective et personnelle à chacun des modèles. C’est au peintre de la révéler, et non simplement d’appliquer des formules toutes faites. Il enseigne à ses étudiants cette conception à l’École des Beaux-Arts à partir de 1829. Son style influencera les peintres modernes, d’Henri Matisse à Pablo Picasso, en passant par Auguste Renoir et Man Ray.

Ce n’est qu’à partir de 1824 qu’il trouve finalement le succès en France avec son Vœu de Louis XIII exposé au Salon de 1824, destiné à la cathédrale de Montauban.

https://musees-occitanie.fr/musees/musee-ingres-bourdelle/collections/la-peinture-du-xixe-siecle/jean-auguste-dominique-ingres/le-voeu-de-louis-xiii/

Couvert de tous les honneurs, Ingres décède à Paris en 1867. Il a légué une partie de son œuvre (plus de 4500 dessins) au musée de Montauban, sa ville natale.

Dans cette lettre datée du 22 avril 1862 adressée à Armand Cambon qui sera l’exécuteur testamentaire d’Ingres ,le peintre évoque trois portraits qu’il souhaite voir exposer:

« La fièvre et tous les soucis, embarras de mon exposition de laquelle je remercie Dieu, est des plus honorables pour ne pas dire aussi des plus brillantes que j’ai jamais eue. Que je vous remercie avant tout, cher ami, de tous les bons soins que vous me prodiguez pour notre exposition de Montauban et vous prie d’être mon interprète auprès de mes chers et honorables compatriotes du beau rôle qu’ils veulent m’y faire jouer. Enfin vaincu par tant d’honorables désirs, je m’empresse, dès ce moment, car je viens de faire appeler M. Haro pour vous envoyer emballé avec le plus grand soin, mon portrait, celui de Mme Ingres et le portrait de mon vénéré père que mes chers concitoyens veulent toujours honorer. »

Ingres autoportrait à 78 ans galerie des Offices Florence

Portrait de Madame Ingres née Ramel(ill s’agit de la 2ème épouse du peintre) 1859 Musée Oskar Reinhart Suisse

Portrait de Joseph Ingres, père de l’artiste 1804 Montauban, musée Ingres Bourdelle.Reconnaissant envers son père qui favorisa le début de sa carrière,le jeune Ingres embellira son portrait au point de le rajeunir et d’effacer les 50 ans qu’il porte à cette date,tout en soulignant son élégance et son raffinement.

Ingres fut un portraitiste prolifique et très demandé dans les années 1850. Ses œuvres constituent une remarquable galerie de portraits de la haute société du Second Empire. Ingres part d’une étude réaliste de ses modèles mais tend à les idéaliser, accentuant les effets d’arabesques, la préciosité des costumes, la monumentalité des postures, la noblesse et l’intensité des regards.

A voir:

https://museeingresbourdelle.com/

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Picasso et Ingres

Catégories : Peinture

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