aquarelle Michel Bois

L’île d’Aix est localisée à l’ouest de la baie d’Yves, entre l’île d’Oléron (Boyardville) et la ville de Fouras, à l’extrémité nord de l’estuaire de la Charente. Au nord de l’île se trouve le pertuis d’Antioche.

 

 

Dès la fin du XIIe siècle, l’île d’Aix est un site stratégique pour l’Angleterre qui la dispute à la France et, durant tout le XIIIe siècle, les attaques des navires anglais se succèdent, jusqu’en 1286 où l’estuaire de la Charente sépare la Saintonge anglaise de la Saintonge française.

En 1692, le tracé des fortifications de l’île, sur les instructions de Vauban, est mis à plat par François Ferry pour défendre La Rochelle, Rochefort, Brouage et l’embouchure de la Charente. Les Britanniques réussissent à s’en emparer, durant la Guerre de Sept Ans, et détruisent une partie des remparts. Ceux-ci sont réparés, ensuite, par des ingénieurs parmi lesquels on compte le physicien Charles-Augustin Coulomb et Pierre Choderlos de Laclos, l’auteur des Liaisons Dangereuses.

En 1794, sous la Révolution, des corps de centaines de prêtres réfractaires sont enterrés dans des fosses communes sur l’île d’Aix, et sous la crypte de l’église, morts dans des conditions épouvantables, maladies, dénutrition, conditions de vie, sur les tristement célèbres pontons de Rochefort (navires démâtés et pontons laissés à l’ancre et utilisés comme prisons).

Les 11 et  se déroule la bataille de l’île d’Aix. Cette année-là, Napoléon institue le blocus continental. Mais la flotte britannique bloque les ports de l’empire napoléonien. Les colonies des Antilles étant menacées, Napoléon donne l’ordre d’envoyer une escadre pour porter des approvisionnements et des renforts. Une flotte est rassemblée à cette fin sous le commandement du vice amiral Zacharie Allemand : 11 vaisseaux et 4 frégates sont ainsi ancrés côte à côte face à l’embouchure de la Charente, au Sud/Est de l’île d’Aix, d’où ils sont surveillés par l’escadre du vice-amiral John Gambier, qui mouille un peu au Nord/Ouest, derrière l’île, dans la rade des Basques. Le 11 avril, profitant d’un vent Nord-Ouest portant et de la marée montante, les Anglais laissent dériver, vers les navires français, une trentaine de brûlots. Pour éviter d’être embrasés, les navires français laissent filer leurs chaînes d’ancres et dérivent vers l’estuaire. La plupart s’échouent dans la vase à l’Est sur Fouras et au Sud à la pointe de Port-des-Barques. Le lendemain des frégates anglaises s’approchent et canonnent à bout portant, les navires qui ne sont pas parvenus à se dégager, malgré le passage par-dessus bord de quelque 385 canons au fond de la baie pour alléger la coque des navires. C’est un nouveau désastre pour la flotte de l’empereur ; les Anglais détruisent une frégate et quatre vaisseaux de l’escadre française, ruinant les espoirs de renforts pour les colonies françaises menacées aux Antilles.

Napoléon Ier qui vient d’abdiquer passe la nuit à Rochefort, puis demande d’être amené à Fouras, s’embarque dans un canot et séjourne sur l’île dans une grande maison pendant une semaine, du 8 au , avant de quitter à jamais la terre de France. C’est d’ici qu’il se rend aux Anglais et croit s’embarquer pour le Royaume-Uni,mais il est en réalité emmené sur l’île de Sainte-Hélène, bien plus lointaine. Le souvenir de l’empereur plane encore depuis cette époque sur l’île, avec le Musée napoléonien situé dans la maison qu’il occupa.

Reddition de Napoléon Ier sur le HMS Bellerophon. Tableau de Sir Charles Lock Eastlake (1815)


0 commentaire

Laisser un commentaire