Dans cette Baisse entre le Mont Chauve d’Aspremont et celui de Tourrettes, on observe des positions militaires composées de murs en pierre sèche et de tranchées.

Ce secteur a été concerné par les guerres du XVIIIème siècle.

Notamment, Pierre Robert Garino ( Aspremont, Castagniers, Colomars – Editions Serre les Régionales 1992 page 135) signale que lors de l’entrée des troupes françaises dans le comté de Nice en septembre 1792, conduites par le Général Anselme, un détachement de quarante et un hommes du cinquième bataillon de réserve du Vaucluse a tenu garnison dans le village d’Aspremont.

De là, il était possible de contourner le Mont Chauve par le Nord pour descendre sur Nice.

Jacques Bernard Modeste d’Anselme, né le  à Apt est un général de la Révolution française  il fut nommé commandant en chef de l’armée du Midi le  1792. À la tête de 12 à 15 000 hommes, il passa le Var le , et le lendemain, s’empara du comté de Nice, alors province du royaume de Sardaigne, de Nice, du fort du mont Alban et du château de Villefranche-sur-Mer, malgré la résistance acharnée des troupes sardes du général niçois Thaon de Revel. Cette importante conquête lui livra cent pièces d’artillerie, 5 000 fusils, un million de cartouches, une frégate et une corvette armées de leurs canons, qui se trouvaient dans le port, et un arsenal de marine bien fourni.Il continua, mais avec moins de succès, le cours de ses opérations. Les pluies, la neige, le dénuement où se trouvaient ses soldats qui manquaient d’habillements, de souliers et de munitions, le forcèrent, après une attaque inutile sur Saorge, à se borner à l’occupation de Sospel, et à prendre ses quartiers d’hiver dans les environs de cette ville.

Jacques Bernard Modeste d’Anselme, Bibliothèque nationale autrichienne

Les ordres du gouvernement et la nécessité de procurer des ressources à son armée le décidèrent à renoncer à cette oisiveté. De concert avec l’amiral Truguet, il forma le projet de s’emparer d’Oneille en Italie près d’Imperia. L’armée navale se présenta devant cette place le , et aussitôt un parlementaire fut envoyé pour engager les magistrats de cette ville à leur ouvrir les portes. Mais cette délégation fut reçue par des coups de fusil qui blessèrent l’officier et tuèrent sept personnes autour de lui. La ville fut bombardée le jour même et prise le lendemain, et les Français ne l’abandonnèrent qu’après l’avoir pillée et réduite en cendres. Mais dès lors le désordre régna dans l’armée, qui n’observait plus aucune discipline, et se livrait à toutes sortes de violences et de déprédations envers les habitants du comté de Nice. Ces exactions firent apparaître les barbets, ces paysans et bergers défenseurs de la foi catholique et des libertés de leurs terroirs. Le général Anselme fut accusé de manquer d’énergie pour réprimer ces excès, et peut-être même de les protéger et d’en profiter lui-même. Il publia en décembre 1792 un mémoire justificatif de sa conduite, dans lequel il s’efforçait de prouver qu’il avait réprimé le pillage. Il rejetait le dénuement de ses troupes sur Montesquiou(qui sera brièvement Président de l’Assemblée constituante en 1795), et protestait de la pureté de ses sentiments républicains. Les commissaires envoyés par la Convention pour examiner sa conduite furent loin d’être satisfaits des raisons qu’il alléguait. Ils rejetèrent au contraire tous les désordres sur sa faiblesse et son incurie. Mandé à Paris le , il fut remplacé provisoirement par le général Brunet. Il quitta Nice le 23, et fut suspendu de ses fonctions par les représentants le 27.

Décrété d’accusation le , sur le rapport de Collot d’Herbois, pour le pillage de la ville de Nice, il fut aussitôt mis en prison. Privé de ses papiers, de sa correspondance et de ses registres d’ordre qui avaient été mis sous scellés à Apt et à Paris, il écrivit néanmoins et rendit public, au mois de , un nouveau mémoire justificatif de 55 pages, dans lequel il retraçait en détail toute sa conduite, depuis le jour où il avait été chargé du commandement de l’armée du Var, et où il faisait voir que, dès lors, cette armée se trouvant dénuée de tout et en proie à l’anarchie, on ne pouvait que lui savoir gré de l’avoir conduite à la victoire contre des forces bien plus nombreuses et mieux organisées. Ce mémoire parut produire un effet favorable au général Anselme, puisqu’il fut oublié dans sa prison. Le 9 thermidor l’en fit sortir. Il fut acquitté et autorisé à prendre sa retraite le , obtenant une pension de 10 000 francs le . Il fut néanmoins nommé inspecteur des troupes stationnées dans le Midi le , et enfin admis à la retraite le  à l’âge de 60 ans. Il mourut à Paris le , à l’âge de 74 ans et fut inhumé au cimetière du Père-Lachaise.

 

La baise de Guigo aquarelle Michel Bois

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