Marie-Guillemine Benoist(1768-1826), artiste peintre néoclassique française,femme à l’esprit libre qui fut l’élève d’Élisabeth Vigée Le Brun, fréquente l’atelier de Jacques-Louis David. Elle ne choisit pas la facilité en réalisant ce portrait, huit ans après l’abolition de l’esclavage  qui ne sera effective que dans certaines colonies (Napoléon rétablira ensuite l’esclavage  en 1802). L’artiste peint son modèle, probablement une domestique,ramenée des îles par le beau-frère de l’artiste, à la manière d’une femme blanche.

Marie Guillemine Benoist,musée du Louvre,Portrait d’une femme noire 1800, huile sur toile, 81 x 65 cm

Après avoir abandonné les sujets classiques, elle se libère progressivement de l’influence de David. Le Portrait d’une négresse est exposé au Salon de 1800,six ans après l’abolition de l’esclavage.Ce tableau est considéré comme son chef-d’œuvre et comme un manifeste de l’émancipation des esclaves et du féminisme. Ce portrait sera acheté par Louis XVIII pour l’État français en 1818.Il s’agit ici de l’un des tout premiers portraits de femme noire, représentée sans cliché et avec un grand souci de réalisme.

Marie-Guillemine Benoist remporte une médaille d’or au Salon du Louvre de 1804 et obtient une pension du gouvernement. Elle ouvre à cette époque un atelier réservé exclusivement aux femmes à qui elle enseigne la peinture et réalise de nombreux tableaux dont différents portraits pour la famille Bonaparte.

À la Restauration, elle est priée de renoncer à exposer afin de ne pas nuire à la carrière de son époux, Pierre-Vincent Benoist, banquier et diplomate français puis ministre d’État.

« La pensée que je serais un obstacle à votre avancement dans votre carrière serait pour moi un coup bien acéré »

Marie-Guillemine Benoist cesse d’exposer ses tableaux en public, alors qu’elle est au sommet de sa carrière, son mari occupant différents postes importants sous la Restauration.

Catégories : Peinture

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