L’Aquilon SE 203,aquarelle Michel Bois

      Dans la mythologie romaine, Aquilon (Aquilo en latin) est le dieu des vents septentrionaux (nord), froids et violents.Il a donné son nom  au premier avion à réaction embarqué opérationnel dans la Marine française. Construit sous licence à partir de 1952 par la Société Nationale de Construction Aéronautique du Sud-Est (SNCASE) à Marignane,cet appareil sera décliné en différentes versions et utilisé en unités de 1955 à 1966.

Le SE-201 Aquilon se présentait sous la forme d’un monoréacteur biplace côte à côte monoplan à aile médiane. Construit entièrement en métal, il disposait d’une cellule, identique à son modèle britannique, bipoutre. Sa propulsion était assurée par un turboréacteur De Havilland Ghost Mk-48-1 d’une poussée de 2 200kg à sec, construit sous licence italienne par Fiat. L’armement de l’Aquilon se composait de quatre canons Hispano de calibre 20mm et de huit roquettes à très haute vélocité HVAR de 127mm chacune sous les ailes. Ces dernières armes permettaient aux chasseurs biplaces français d’effectuer tant des missions de chasse que d’attaque au sol. Toutefois, l’absence de radar, du fait de retards de développement chez Thomson-CSF, contraignit les SE-201 à n’opérer qu’en plein jour, et par beau temps. Le SE-201 fut assemblé à vingt exemplaires de série, qui permirent notamment à former des pilotes habitués à voler sur des appareils plus rustiques, et surtout bien plus lents.

En fait, il fallut attendre le monoplace SE-203 pour que l’Aquilon devienne réellement un chasseur tous temps. En effet, doté d’un radar américain Westinghouse AN/APQ-65, similaire à celui équipant certain Grumman F9F-4 Panther de l’US Navy, ce dernier permettait le vol de nuit ou par mauvais temps, mais également le guidage des deux missiles air-air français Nord N-5103 qu’il emportait.

Les Aquilon participèrent activement aux opérations en Algérie, assurant des missions de défense aérienne, à partir de bases aéronavales françaises dans l’ancienne colonie, mais aussi depuis le porte-avions Arromanche. A partir de ce navire,ils prirent part à l’opération Mousquetaire, aux côtés des forces britanniques et israéliennes contre l’aviation et la marine égyptienne en 1956 en représailles à la reprise par ce pays du canal de Suez. Si les Aquilon français furent moins médiatisés que les Dassault Ouragan israéliens ou les Hawker Sea Hawk britanniques, ils participèrent activement aux combats, s’octroyant au moins trois victoires aériennes, dont une contre un vieux P-51D Mustang appartenant à l’Egypte.

Bien que leur carrière fût assez courte, à peine une petite dizaine d’années, les Aquilon connurent une activité intense et forte, participant à la plupart des conflits et opérations auxquelles la France participait. Ils furent retirés de la première ligne entre 1964 et 1967, au profit de Dassault Etendard IVM et de Vought F-8E (FN) Crusader nettement plus modernes. Quelques appareils furent conservés au sein de l’Escadrille 2S pour des missions de servitude et de tractage de cibles jusqu’en 1972. Ces appareils étaient désarmés, mais conservaient leur radar si possible. Ils laissèrent la place à des Morane Saulnier MS-760 Paris et à des Fouga CM-175 Zéphyr moins rustiques.

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Catégories : Avions

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