statuette dogon,Galerie Gérard Dulon Paris,aquarelle Michel Bois

Les Dogon, dont la  population totale au Mali est estimée à 700 000 personnes,occupent la région en Afrique de l’ouest qui s’étend de la falaise de Bandiagara jusqu’au sud-ouest de la boucle du Niger.

Les Dogon sont avant tout des cultivateurs (essentiellement du mil) et des forgerons. Ils sont réputés pour leur cosmogonie et leurs sculptures. Leur langue parlée est le dogon, qui regroupe plusieurs dialectes. Il existe aussi une langue secrète, le sigi so, langue réservée à la société des masques. Les Dogon sont liés avec l’ethnie des Bozo par la « parenté à plaisanterie » (appelée sinankunya au Mali). Dogon et Bozo se moquent réciproquement, mais parallèlement, se doivent mutuelle assistance.

Traditionnellement, les hommes dogon sont en général vêtus d’un boubou ou d’une tunique ouverte sur les côtés et d’un pantalon tissé de trois bandes de chaque côté des cuisses. Les vêtements de couleur marron, ocre, jaune sont préférés. Les Dogon portent le chapeau conique, mais plus souvent encore le bonnet, surtout chez les hommes âgés. Autrefois les hommes portaient les cheveux très longs et frisés. Sur le haut de la tête un cimier était fait avec les cheveux. Quand les cheveux étaient jugés trop courts, on y ajoutait des éléments. Généralement les cheveux sont rasés vers l’âge de 45 ans. Une ceinture de coquillage encercle la tête. Des bracelets de cuivre ou d’argent sont portés au bras, ainsi que des bagues au doigt. Les talismans sont très utilisés. On y ajoute des poils de queue d’éléphant pour la force.

Musée du quai Branly. Affiche de l’exposition temporaire : « Dogon ». Du 5 avril au 24 juillet 2011.
 Statue androgyne. Style Djennenke. Population Pré-dogon. Mali, plateau de Bandiagara. 10-11e siècle. Bois.

Les femmes dogon portent le pagne et le boubou féminin. Les coiffures sont très riches et variées. Elles sont en forme de casque, avec de longue mèches tressées sur les côtés, un nœud de cheveux sur la nuque et le cimier sur le haut du crâne. À la coiffure sont ajoutés des perles ainsi que des bijoux d’or ou d’argent. Les oreilles sont percées et de nombreuses boucles d’or y sont fixées en forme de cercle. Vers l’âge de trois ans un anneau est fixé à la lèvre inférieure pour le premier stade d’initiation à la parole, puis trois anneaux au nez entre 10 et 12 ans, celui du milieu en cuivre pour attirer les bonnes paroles et les autres en aluminium pour chasser les mauvaises. Les pierres précieuses sont aussi utilisées pour les parures.

La majorité des Dogon pratiquent une religion animiste incluant l’esprit ancestral Nommo, avec ses festivals et une mythologie dans lesquels Sirius(vue de la Terre, Sirius est l’étoile la plus brillante du ciel après le Soleil) joue une part importante. Une minorité significative des Dogon s’est convertie à l’islam et quelques autres au christianisme.

L’architecture dogon est spécifique. La plupart des villages sont implantés dans la falaise et accessibles par des chemins escarpés qui empruntent les failles du plateau ou par des chemins tout à fait accessibles.

La case traditionnelle est organisée autour d’une cour, chaque femme ayant son grenier auquel le mari n’a pas accès. Le grenier du mari sert à conserver le mil, le grenier des femmes sert, lui, à conserver les condiments et différents objets. Les greniers sont clairement identifiables par leur toiture en seko (paille), celui du mari étant en général, le plus important. Il existe différentes sortes de greniers (appelés gôh) d’architecture spécifique.

Le pays dogon était devenu, jusqu’à la Guerre du Mali, la première région touristique du Mali et de l’Afrique de l’ouest, en raison de ses attractions majeures : le caractère exceptionnel du site naturel et sa richesse culturelle.

Depuis 2015, le centre du Mali est l’objet de violences interethniques qui mettent en péril les communautés de cette région.

L’art dogon a beaucoup inspiré Alberto Giacometti qui, à la fin des années 1920, fréquente Carl Einstein, l’auteur du livre de référence sur la sculpture africaine, Negerplastik (1915).

Alberto Giacometti, Femme assise, 1946, Fondation Beyeler, Photo Peter Schibli, Basel

Carl Einstein,  est un historien de l’art et un écrivain allemand, né en  dans une famille juive à Neuwied (Rhénanie-Palatinat) et mort enà la frontière franco-espagnole. Il appartient au courant de l’expressionnisme, et fut, par ailleurs, un collaborateur de Jean Renoir.

Anarchiste, il est volontaire pendant la révolution sociale espagnole de 1936 et rejoint Barcelone pour combattre dans les rangs de la Confédération nationale du travail. Il intègre le Groupe international de la Colonne Durruti et, le 22 novembre 1936, prononce l’oraison funèbre de Buenaventura Durruti.

Enterrement de Buenaventura Durruti le 23 novembre 1936 à Barcelone.

Afin d’éviter de tomber aux mains des nazis, il se suicide en 1940 en se jetant dans le gave de Pau.

Giacometti fréquente aussi Michel Leiris, qui deviendra un spécialiste de l’art dogon. 

Catégories : Afriquesculpture

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