Le Porteur d’eau de Séville 1620

Le Porteur d’eau de Séville est l’une des principales œuvres de jeunesse de Diego Vélasquez,(1599-1660) peinte durant ses dernières années à Séville.

Ce tableau met en scène trois personnages à la mise modeste.Son sujet renvoie à une figure proverbiale de Séville,capitale de l’Andalousie:les aguadores.Leur profession consistait à tirer et à livrer l’eau des fontaines aux maisons sévillanes.

Plan de Séville en 1588

Le peintre prend soin d »attirer l’attention sur le verre au centre du tableau,et insiste sur la passation du verre de verre fin du vieil aguador au jeune homme à ses côtés,composition presque sacrée,représentation des trois âges,transmission…

aquarelle Michel Bois

On note la présence d’une figue  glissée dans le verre au centre de la composition,habitude que l’on avait pour donner de la saveur à l’eau en se désaltérant.

Les aguadors sont fréquemment évoqués dans la littérature espagnole notamment dans la vie de Lazarillo de Tormes et ses fortunes et ses adversités, roman espagnol anonyme, écrit à la première personne et dans un style épistolaire (comme une seule et longue lettre), dont les plus anciennes éditions connues datent de 1554.

Lazare est né près de Salamanque dans une famille très pauvre et sa mère ne tarde pas à le confier à un aveugle qui cherche un guide.Le gamin apprend avec lui à mendier,mais aussi à ruser et à tromper dans la lutte pour la vie.Il multiplie les astuces pour ne pas mourir de fin.C’est ainsi qu’après avoir servi un peintre en tambourins,le jeune homme qui accède à l’âge adulte et à une demi-autonomie travaille quatre ans à forfait comme porteur d’eau à Tolède pour le compte d’un prêtre de la cathédrale qui lui a confié quatre cruches,un âne et un fouet.

Il s’agit donc de l’itinéraire d’un gueux qui va montrer son mérite à se tirer d’affaires à partir de rien,de sa seule astuce,par opposition à ceux qui ont trouvé leur fortune dans le berceau et qui n’ont rien eu d’autre à faire que de la maintenir.

 Les grands thèmes picaresques,la naissance indigne, la nécessité et la faim, le voyage et l’errance, l’illusion et l’apparence, la satire (des nobles et des prêtres) et, enfin l’éducation sont présents dans le Lazarillo.

 

 

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