Ponza apparient à l’archipel des îles Pontines dans la mer Tyrrhénienne.Sous l’Empire romain, l’île de Ponza avait certes servi de villégiature, mais aussi de prison dorée pour personnalités encombrantes. Des chrétiens y furent aussi relégués, dont le pape Silvère, au VIe siècle, devenu le saint patron local. Il fut exilé et mourut sur la petite île de Palmarola toute proche.

Après des siècles d’abandon, la Maison de Bourbon-Parme qui régnait sur l’Italie du Sud redonna vie, au XVIIIe siècle, à l’ancienne « Pontia ».Le port fut érigé et l’on fit venir des colons de la région de Naples, dont les « Ponzesi » d’aujourd’hui sont les descendants, comme le rappelle leur dialecte originaire de Campanie. Mais plus tard, on exilait ici toujours les indésirables. Mussolini y déporta ses opposants, comme Altiero Spinelli, avant d’y être lui-même enfermé en 1943.(Altiero Spinelli, partisan du fédéralisme européen,journaliste, jeune militant communiste et anti-fasciste, fut condamné en 1927, sous le régime de Mussolini, à 16 ans de prison). À plusieurs époques, Ponza a subi des exodes dus à la pauvreté et à la famine.

Le passé de l’île a laissé de nombreuses empreintes: grottes qui servaient jadis de viviers à murènes, villa de l’empereur Auguste, vestiges d’un aqueduc, d’une nécropole, d’un monastère et, partout, les traces des anciennes cultures en terrasses, où poussent encore çà et là la vigne, la lentille et le pois chiche.

Ponza, aquarelle Michel Bois

        Dans les années 30, l’écrivain voyageur britannique Norman Douglas  abordant pour la première fois l’île de Ponza, la plus grande de l’archipel des Pontines, au large des côtes du Latium écrivait: »Comment qualifier autrement ces précipices vertigineux de pierres de lave passant du gris pâle au jaune soufre et glissant brutalement vers un blanc neigeux et un rouge rouille ? Comment donner un nom à l’impalpable transparence d’une eau qui décline, à l’aplomb des falaises, une palette inconnue de bleus lapis, saphir et turquoise fondus avec des verts d’émeraude, d’opale et de céladon ? Comment nommer l’émotion ressentie, à la Punta Madonna, quand la petite barque du pêcheur vous fait glisser doucement dans le célèbre tableau du peintre bâlois Arnold Böcklin, L’Ile des Morts, qui reproduit, à quelques cyprès… près, le demi-cercle de rochers déchiquetés qui se dresse devant vous ? »

Summer islands, and Ponza, Londres, D. Harmsworth, 1931,George Norman Douglas (1) est un écrivain britannique dont on se souvient aujourd’hui grâce à son livre de 1917, Vent du Sud et à ses nombreux scandales et aventures de mœurs.
Arnold Böcklin ,peintre symboliste suisse(1827-1901) se serait inspiré de Ponza pour L’Ile des Morts d’une série de cinq tableaux peinte entre 1880 et 1886  qui représente une île au coucher du soleil, vers laquelle se dirige une embarcation conduite par un passeur.

version de Berlin,1883

 


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