Ignacio Zuloaga y Zabaleta, né le  à Eibar, et mort le  à Madrid, fut l’un des plus importants peintres espagnols de la fin du xixe siècle et du début du xxe siècle.La peinture de Zuloaga fut très discutée en Espagne en raison de son caractère cru et dramatique. 

Joaquín Sorolla y Bastida , né le  à Valence (Espagne) et mort le  à Cercedilla, peintre espagnol.est connu pour ses scènes de genre alliant réalisme et lyrisme ainsi que pour ses scènes de plage et sa maîtrise de la couleur blanche dont il use avec brio dans de nombreux tableaux. Son style a été qualifié d’impressionniste, de post-impressionniste ou encore de luministe.

Ces deux peintres, qui vécurent à la même époque, représentent dans la même Espagne deux grandes tendances artistiques, à la fois opposées et complémentaires : l’un, Sorolla, représentant plutôt la lumière et l’autre, Zuloaga, l’ombre.

Comme le dit Facundo Tomas,professeur d’Histoire de l’Art, « alors que Sorolla rêve le pays, Zuloaga en souffre ».

Zuloaga peignait l’ Espagne en noir et blanc, et tandis que Sorolla voyait la luminosité, l’optimisme et la fraîcheur de la Méditerranée, Zuloaga préférait l’esthétique d’un monde plus critique issu de la tragédie et de la profondeur castillanes. Dans l’un, les personnages semblent aller au plaisir et dans l’autre, à la tristesse.

 

Ignacio Zuloaga y Zabaleta corrida à Eibar 1899 150×200 cm

 

Ignacio Zuloaga Le nain Gregorio el botero,vendeur d’outres 1908

 

Joaquín Sorolla (1863-1923), Promenade sur la plage, 1909, huile sur toile, 205 x 200 cm.

Joaquín Sorolla, Cousant la voile, 1896, huile sur toile, 222 x 300 cm

.Miguel de Unamuno,écrivain et philosophe espagnol(1864-1936),ami de Zuloaga et de Sorolla,écrivait en 1912: «Le catholicisme espagnol,austère et sérieux, au sens le plus large et le plus profond de cette religion, trouve son expression dans les peintures de Zuloaga non seulement par le choix des sujets , pas même pour la manière sobre, forte et austère de les exécuter, pour leur clair-obscur sévère. Et l’autre Espagne, l’Espagne que nous pourrions qualifier de païenne et, peut-être dans un sens progressiste, celle qui veut vivre et ne pas penser à la mort, trouve son autre peintre avec Sorolla »

La fin du XIXème siècle et le début du siècle suivant en Espagne marquent  le début d’une crise morale liée à la perte des dernières colonies (Cuba notamment), dans un pays gravement touché par la crise économique : l’Espagne se divise alors entre une société qui tend à la modernité et une société conservatrice empreinte de traditions.

Les deux peintres se connaissaient et ont réalisé tous deux des portraits de Miguel de Unamuno:

Joaquin Sorolla, portrait de Miguel de Unamuno 1915

 

Ignacio Zuloaga,portrait d’Unamuno 1925

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Zuloaga voulait combiner son travail avec celui de Sorolla dans le même espace et, en 1908, il exprima cette idée: « Mon rêve est d’exposer en même temps que lui [Sorolla] et au même endroit (ce que je n’ai jamais pu réaliser), car nous sommes les deux pôles opposés, je pense que ce serait intéressant. »

Ce souhait sera réalisé cent ans plus tard grâce plusieurs expositions qui ont réuni certaines oeuvres de ces deux peintres à Bilbao puis à Madrid, à Valence et au Musée de l’Orangerie à Paris.

 

Catégories : EspagnePeinture

0 commentaire

Laisser un commentaire