Calligraphie chinoise

« L’unique Trait de Pinceau est l’origine de toutes choses, la racine de tous les phénomènes », écrivait le moine Shitao (1642-1708).
Définir la Chine comme un empire du trait, c’est souligner le rôle fondamental et unificateur de la technique du tracé au pinceau et à l’encre et son emprise sur le domaine de l’art. La Chine possède la plus longue tradition d’un mode d’écriture inchangé depuis la plus haute antiquité. Elle place à l’échelon le plus élevé de la hiérarchie artistique l’art non figuratif de la calligraphie. Cet art, qui a connu une riche évolution stylistique, s’inscrit dans trois traditions issues de la pratique bouddhique, de la culture aristocratique des cours du Sud, et du taoïsme mystique.
La copie n’est jamais une activité anodine : sur le plan religieux, elle est une offrande qui doit répondre à des règles strictes après une période de purification ; sur le plan culturel, elle est un vecteur de civilisation. Comme acte esthétique, elle marque une piété respectueuse des maîtres du passé érigés en modèles.

calligraphie Michel Bois

 

Fabienne Verdier est née en France en 1962. Depuis ses études aux Beaux-Arts, son parcours artistique est jalonné de confrontations avec des systèmes de pensée issus de cultures et d’époques différentes. Son processus créatif se nourrit d’une hybridation des savoirs et se manifeste au moyen d’inventions techniques (pinceaux immenses, alliages de glacis, esquisses filmiques). Après ses études aux Beaux-arts, elle se forme en Chine de 1983 à 1992, aux côtés de grands maîtres. Elle s’immerge ensuite plusieurs années dans les œuvres de peintres expressionnistes abstraits pour réaliser une série de tableaux pour la Fondation H. Looser à Zurich. Elle se confronte, de 2009 à 2013, aux tableaux de primitifs flamands (Van Eyck, Memling, Van der Weyden) et crée une exposition avec le musée Groeninge à Bruges.

Portrait de Margherita van Eyck,1439 41×34 cm huile sur toile musée de Bruges

Fabienne Verdier:

« J’ai passé  des mois en compagnie de Margherita ne sachant comment l’approcher, comment la percevoir et je dois dire que je reconnais un grand génie à Van Eyck pour avoir réussi dans ce tableau à y incarner un mystère immense. Chaque jour, chaque semaine, selon mon humeur, selon la saison à laquelle je la regardais, elle me disais des choses différentes. Van Eyck a essayé, me semble-il, de peindre l’énigme de la nature humaine au travers ce portrait et on a cette double sensation qu’elle est infiniment présente et en même temps infiniment lointaine, donc presque insaisissable…Tout à coup je me suis rendu compte que dans  la coiffe de Margherita, il y avait une pensée labyrinthique absolument extraordinaire. Van Eyck pendant des semaines et des mois avec un petit pinceau s’est perdu dans la dentelle de cette coiffe et a peint une figure labyrinthique. On sait que la figure labyrinthique est un sujet qui intéresse l’histoire de l’art depuis la nuit des temps. (…)

Je me suis dit que le sujet du labyrinthe était  une expérience fantastique pour remettre aussi en cause toute mes connaissances de la peinture, oublier tout ce que je crois savoir, oublier les automatismes, m’oublier moi-même et essayer d’aller vers cet inconnu et me perdre dans un labyrinthe, voir ce qui se passe et faire l’expérience du labyrinthe sur la toile avec mon corps et mon esprit; j’ai donc pris mon pinceau et j’ai tenté de me baigner, de me laisser pénétrer, de me transporter sans ses méandres. »   

Fabienne Verdier ,la pensée labyrinthique 2011, 180×403 cm

Fabienne Verdier L’Esprit de la peinture Albin-Michel

A voir:

http://www.museegranet-aixenprovence.fr/expositions/actuellement/fabienne-verdier-sur-les-terres-de-cezanne.html

La calligraphie extrême orientale


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