Après un séjour en Italie ,Renoir,sensiblement du même âge que Monet convainc son ami de partir avec lui parcourir la région de Marseille à Gênes en décembre 1883.

Les deux peintres garderont un souvenir émerveillé de Monte-Carlo.

Monet 10 février 1884: »J’arrive de Monte-Carlo où je suis allé passer quelques heures avec les deux peintres anglais de l’hôtel.Partis d’ici à 4 heurs après avoir travaillé,nous avons eu l’idée de dîner là-bas et de risquer quelques sous à la roulette.[…]Monte-Carlo est bien l’un des plus beaux endroits,mais il y a bien du monde. »

 

Claude Monet,la corniche près de Monaco,1884 75×94 cm Musée Van Gogh Amsterdam

 Renoir  qui a déjà effectué  de nombreux voyages qui le mènent dans le sud de la France (à l’Estaque, où il rend visite à Paul Cézanne), en Afrique du Nord où il réalise de nombreux paysages, et en Italie.Parmi eux, ce tableau de Monte-Carlo:

Auguste Renoir vue de Monte-Carlo depuis le Cap Martin 1883 66×81,6 cm Washington,Corcoran Gallery of Art

Ces années 1880 sont des années difficiles pour les deux artistes.Renoir est en pleine misère : il n’arrive pas à vendre ses tableaux et la critique est souvent mauvaise. Renoir sent qu’il est arrivé au bout de l’impressionnisme, qu’il est dans une impasse, désormais il veut faire un art plus intemporel, et plus « sérieux » ; il a l’impression de ne pas savoir dessiner. Il entre alors dans la période dite ingresque  qui culmine en 1887 lorsqu’il présente ses fameuses Grandes Baigneuses à Paris. Les contours de ses personnages deviennent plus précis. 

Monet ;quant à lui ,vient d’ emménager définitivement à Giverny dans l’Eure. C’est à partir de cette période que prennent fin ses ennuis financiers et que commence,grâce au  marchand d’art Paul Durand-Ruel qui sera sa principale source de revenu pendant le reste de sa carrière,une certaine fortune qui n’ira qu’en s’accroissant jusqu’à la fin de son existence.

Monet s’écarte de Renoir.A peine rentré à Giverny,il annonce à Durand-Ruel sa décision de repartir mais seul:« […]à Bordighera,l’un des plus beaux endroits que nous ayons vus dans notre voyage.[…]J’espère bien vous rapporter toute une série de choses neuves.Mais je vous demande de ne parler de ce voyage à personne parce que je tiens à le faire seul.J’ai toujours mieux travaillé dans la solitude et d’après mes seules impressions.Renoir,me sachant sur le point de partir,serait désireux de venir avec moi et se serait aussi funeste à l’un comme à l’autre (12 janvier 1884).

cité dans Monet et La Riviera, Christiane Eluère, Citadelles Mazenod  nov 2006

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