Ossuaire en forme de buffle d’eau Indonésie Île de Célèbes (Sulawesi) Etnie Toraja sa’dan XIXème siècle bois de teck Musée des Arts Asiatiques Nice,aquarelle Michel Bois

Cet ossuaire est originaire  de l’île de Célèbes ou Sulawesi en Indonésie, située à 300 kilomètres à l’est de Bornéo, à 600 kilomètres au sud des Philippines, à 200 kilomètres à l’ouest des Moluques et au nord-est de Java et provient de la tribu des Toraja.

Les Toraja forment un groupe ethnique indonésien qui habite principalement les régions montagneuses du nord de la province de Sulawesi du Sud. Leur population s’élève à 650 000 personnes. La plus grande partie de la population est chrétienne, le reste étant musulman ou adepte de la religion traditionnelle appelée aluk (« la voie »).

Les Toraja sont renommés pour leurs rites funéraires élaborés, leurs sites funéraires taillés dans les falaises rocheuses, leurs maisons traditionnelles massives aux toits en pointe connues sous le nom de tongkonan, et leurs sculptures sur bois colorés.

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Les rites funéraires toraja sont d’importants événements sociaux, qui durent plusieurs jours et auxquels assistent en général des centaines de gens. L’enterrement officiel peut avoir lieu longtemps après la mort. Tant que la cérémonie funéraire n’a pas eu lieu, la personne est considérée comme « malade », to masaki’ en langue toraja.

L’enterrement a lieu dans des tombes creusées dans des falaises, avec des balcons où sont posées des poupées à l’effigie des défunts. Chaque caveau, fermé par un système de verrouillage secret, abrite les membres d’une même famille. Les corps sont enveloppés dans des linceuls ornés d’or, et le pillage des sépultures est considéré comme le crime le plus grave.

Alignés devant le tongkonan, la maison familiale, ces édifices en bambou, décorés avec des feuilles de cordyline, une plante sacrée aux couleurs chatoyantes, servent à transporter les porcs dont le sacrifice apportera fertilité et fécondité lors de la grande fête Ma’bua’. Qu’il serve aux sacrifices, à la nourriture ou qu’il nettoie les allées en mangeant les ordures, le porc joue un rôle essentiel. Les festivités s’étendent sur deux ans. Elles sont offertes par de riches familles qui, parfois, s’associent. Les fêtes réunissent souvent jusqu’à plusieurs milliers de personnes. Les rituels mortuaires donnent lieu à de nombreux sacrifices de buffles d’eau, précédés par des combats de ces animaux. Le premier buffle immolé l’est toujours à l’ouest de la maison. La gorge tranchée par un violent coup de parang (sorte de machette), celui-ci va tomber et agoniser en quelques secondes. Des enfants se précipitent pour recueillir son sang dans des tubes de bambou. Les Toraja croient que les buffles accompagnent le défunt au pays des morts. Pour l’aider à tenir son rang dans l’au-delà, on en immole le plus grand nombre. C’est là un signe de prestige. La mise au tombeau constitue un moment important du rituel. Le cortège funèbre s’arrête sur le chemin de la sépulture, les femmes et les enfants retournent au village car ils ne sont pas admis à escorter le mort jusqu’à son tombeau, aménagé dans une grotte. Enveloppée dans un linceul rouge et or, la dépouille est hissée le long d’un échafaudage, tandis que l’on ouvre la porte du caveau de la famille.

Les rites funéraires sont essentiels pour se concilier les faveurs des défunts notamment pour obtenir d’eux une influence bénéfique sur l’agriculture.

Chez les Toraja, quand le tambour résonne, « un feu s’éteint » : quelqu’un se meurt.

Catégories : OcéanieReligion

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