Depuis des milliers d’années, les paysages du delta du Rhône muent en permanence  sous l’influence  du climat, du fleuve, de la mer, de la végétation. Les activités humaines qui ne cessent de croître au fil des siècles sont, aujourd’hui, la première cause de ces mutations.

La construction du delta du Rhône débute il y a 10 000 ans environ, avec la pénétration puis le recul de la mer dans le couloir rhodanien, construction sans doute favorisée par les premiers défrichements et l’érosion consécutive du bassin versant. L’édification du delta du Rhône s’effectue par une première flèche de sable qui régresse ensuite au profit de deux autres, toujours  existantes, celles de Beauduc à l’est et de l’Espiguette à l’ouest.

 

La géoarchéologie fluviale EchoGeo mars mai 2008

L’époque romaine marque le début de la mise en culture du delta du Rhône et naissance d’une agriculture par grands domaines dite «latifundiaire».Le Rhône est alors une voie navigable très utilisée,notamment à Arles.

Ainsi,au 1er siècle,  lors que Néron règne à Rome (54 à 68, dernier empereur de la dynastie Julio-Claudienne), Arles fonctionne en tant que port de transfert de charge, des barges transitant sur le fleuve pour « importer » en Gaule des marchandises issues du commerce méditerranéen et livrant à l’embouchure du Rhône des productions gauloises destinées à l’exportation. On y prélève une taxe sur les marchandises de passage, le « quarantième ». Les chantiers navals d’Arles étaient célèbres et sans doute encore réputés depuis leur heure de gloire relatée dans la « Guerre des Gaules ». Jules César avait commandé, en urgence, une douzaine de vaisseaux de guerre pour lutter contre Pompée alors en place à Marseille. César, vainqueur grâce à l’efficacité des Arlésiens, avaient remercié la ville en lui donnant le statut de colonie .

Un bel exemple de l’activité fluviale à Arles,un chaland gallo-romain de la famille rhodanienne, d’une longueur de 31 mètres et de largeur variable mais de moins de 3 mètres, nommé par les archéologues « Arles-Rhône 3 » par convention lors d’une mission de cartographie des épaves dans l’ancien port d’Arles, naviguait probablement depuis quelques années sur une portion du Rhône allant du nord d’Arles (Arelate, selon le nom de la colonie romaine) jusqu’à l’embouchure du fleuve dans la Méditerranée.

dessin Michel Bois

 

A une date incertaine lors du premier siècle, très vraisemblablement dans les années 50 ou 60, il aurait rompu son amarre et serait allé brutalement par le fond, sans même laisser la possibilité aux marins de récupérer leurs objets personnels. L’épisode a peut-être été provoqué par une crue soudaine. Chargé de près de 30 tonnes de pierre de construction, le chaland s’est enfoncé dans le lit du fleuve, bientôt presque entièrement recouvert par le limon et le dépotoir antique (puis le dépotoir moderne).

 

A voir au Musée de l’Arles antique:

http://www.arles-antique.cg13.fr/mdaa_cg13/root/index.htm

Chaland,Musée de l’ Arles Antiques photo de l’auteur

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