Nice ,vue du Mont Leuze,aquarelle Michel Bois, 20×30 cm

« Être de Nice,port de mer,c’était avoir accès à l’Antiquité.Non pas comme un chapitre écrit dans un livre d’histoire-ou comme ces listes de mots latins et grecs que tous les potaches de France,de Nantes à Tarbes et de Paris à Bordeaux,tentaient de déchiffrer dans le Gaffiot ou le Quicherat-,comme à une réalité vivante,sensuelle,chargée d’odeurs,de saveurs,de mémoire…Et surtout cette vérité:Nice a été le lieu de brassage de tant de peuples,de tant d’idées,d’images.Cette baie et ce rocher ont été le repère de la plupart des marins et des conquérants qui ont construit la civilisation universelle.Nice a été ligure,grecque,phénicienne,romaine et maure avant d’être française,républicaine et laïque.Malgré l’étroitesse des temps,malgré l’indolence de cette fin de siècle et l’oubli dans lequel les nations industrieuses du Nord et de l’Ouest veulent plonger le monde méditerranéen,Nice doit rester ouverte,un carrefour de l’Europe et de l’Afrique,le débouché des Alpes sur la Méditerranée.Pour vivre ,Nice doit rester un port de mer. »

Jean-Marie Gustave Le Clézio,prix Nobel de littérature 2008,préface de « Nice cent ans » de Jean-Paul Potron éditions Gilletta 2003


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