Pablo Picasso et Jean-Dominique Ingres

 

     Picasso et Ingres,le rapprochement peut surprendre.Toutefois nombreux sont ceux qui ont mis en évidence les relations pouvant exister entre Picasso et ceux qui l’ont précédé ,notamment Velázquez,Delacroix ,Manet et tout particulièrement Ingres.

L’attachement de Picasso pour la peinture d’Ingres(1780-1867),dont le Musée à Montauban possède de nombreuses collections de dessins et de tableaux se retrouve à travers les  visites que fit Picasso dans ce Musée comme en témoigne le dessin de Picasso montrant le peintre et son ami Junyer arrivant à Montauban,enveloppés dans leur manteau.

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Picasso,Picasso et Junyer arrivant à Montauban,1904,Musée Picasso,Barcelone

« C’est en rendant familières les inventions des autres qu’on apprend à inventer soi-même » disait Ingres.Picasso semble avoir fait sienne cette attitude dans ses recherches picturales. Picasso conservait d’ailleurs de nombreuses cartes postales des tableaux de ses prédécesseurs qui pouvaient l’inspirer.

Parmi les rapprochements qui peuvent être faits,le Portrait de M Bertin d’Ingres et le Portrait de Gertrude Stein de Picasso.

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Picasso,Portrait de Gertrude Stein,1906,The Metropolitan Museum of Art

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Ingres,Portrait de M Bertin,1832,musée du Louvre

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Même position,même vêtement sombre,mêmes doigts écartés et rapaces.

« Massivité,monumentalité et puissance de cette mise en page presque commune et essentielle,qui symbolise pour Ingres et son Bertin une époque,la Monarchie de Juillet,une idée,une idée, une caste sociale ,la bourgeoisie,tandis que pour Picasso et sa Gertrude Stein,elle incarne des valeurs parmi lesquelles l’anticonformisme , la curiosité intellectuelle et littéraire , la créativité,l’individualisme,autant de valeurs et d’idéaux somme toutes différents ».

(Laurence Madeline »Picasso pour la vie »)

 

 

 

 

 

 

 

Un rapprochement similaire peut être fait entre l’Odalisque à l’esclave d’Ingres et le Nu dans un jardin de Picasso.

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L’Odalisque à l’esclave, J D Ingres,1839,Fogg Art Museum de Cambridge dans l’état du Massachusetts

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Picasso Nu dans un jardin,1934,Paris,musée Picasso

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Même mouvement de tête avec un cou gonflé comme celui d’un pigeon roucoulant,jambes atrophiées,touche colorée du coussin,courbes que l’on retrouve dans l’étude pour le « Bain turc » où la femme aux trois bras préfigure l’œuvre à venir de Picasso.

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Jean-Dominique Ingres,Étude pour le »Bain turc »,La femme aux trois bras,vers 1860

réf:Catalogue exposition Picasso,Ingres 2004,musée Picasso,Paris,musée Ingres Montauban

 

Catégories : Peinture

1 commentaire

Catherine Dorochenko · 14 août 2016 à 10 h 04 min

Très intéressant article Michel! Cependant cette femme aux trois bras à mon avis est une recherche de position comme il est logique de le faire pour une étude. Ingres a laissé en place les 3 bras pour juger du meilleur effet pour son étude et c’est très courant. Tous les des dessinateurs le font. Que cela ait ensuite inspiré le père Picasso ça c’est sûr…
Grosses bises Michel et merci pour tes articles toujours intéressants!

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