La Ronde de Nuit, plus précisément connue sous le nom de La Compagnie militaire du District II sous le commandement de Frans Banninck Cocq et Willem van Ruytenburgh, est l’un des plus célèbres tableaux par l’artiste hollandais Rembrandt Van Rijn(1606 1607-1669).

Il s’agit d’un portrait militaire peint en 1642 et commandé par le capitaine Banning Cocq pour être suspendu dans la Maison des Arquebusiers récemment construite à Amsterdam, ou peut-être pour honorer la visite de la reine française en exil Marie de Médicis.

Le tableau représente un certain nombre de membres de la milice, plusieurs d’entre eux tenant des mousquets, regroupés dans une rue sombre dans ce qui semble être le milieu de la nuit. Parmi eux, baigné d’une lumière blanche, se tient un personnage mystérieux et énigmatique habillé de blanc, qui laisse une impression angélique ou céleste.

Suspendu dans la Maison des Arquebusiers à ses débuts, il fut finalement déplacé vers l’Hôtel de Ville d’Amsterdam en 1715 puis vers la Trippenhuis pendant l’occupation napoléonienne. Il fut enfin déménagé au Rijksmuseum en 1885 quand il fut construit.

Rembrandt Van Rijn 1642

Eduardo Arroyo revisite la Ronde de nuit avec sa Ronde de nuit aux gourdins.Artiste engagé.Né en 1937 à Madrid, il refuse toute esthétisation complaisante de l’art et défend l’exemplarité de l’œuvre,la force de l’image.

Eduardo Arroyo,la Ronde de nuit aux gourdins,1975-1976

Encadrée par deux panneaux représentant des paysages urbains crépusculaires,son pastiche présente des personnages du célèbre tableau mais,cette fois,portant battes de base-ball,matraques et gourdins remplaçant épées,mousquets,lances et arquebuses des miliciens du XVIIe siècle.

« L’idée du tableau mystificateur m’intéressait;en effet,une société bourgeoise finança Rembrandt afin qu’il métamorphosât commerçants et boutiquiers en héros et guerriers.Une mystification de l’histoire,comme disait Marx: »La première fois comme drame  et la deuxième fois comme comédie. »Pour pénétrer plus avant dans une œuvre,il faut y ajouter l’ingrédient du drame ou de la farce.C’est exactement le cas de ma peinture,qui est un mélange correctement dosé de drame et d’opérette.L’histoire nous dit qu’en 1715,la Ronde fut découpée pour être transférée de la maison des Arquebusiers à l’hôtel de ville d’Amsterdam,qu’on lui ôta une bande de toile dans la hauteur et dans la largeur.J’ai voulu restituer au tableau ces parties disparues en augmentant ses dimensions,mais aussi situer dans une rue de Madrid la scène d’une agression à coups de massue et de gourdin.Je réalisai la parabole d’un monde finissant avec la mort de Franco ».

 

 

pour en savoir plus sur E Arroyo:

http://michelbois.fr/blog/eduardo-arroyo-exposition-a-fondation-maeght-respect-traditions/

 

 

Catégories : Peinture

2 commentaires

Catherine Dorochenko · 28 janvier 2018 à 09:47

Merci Michel. Je ne connaissais pas Eduardo Arroyo. Je trouve son oeuvre un peu  » facile » mais grâce au blog me voilà plus riche! Je t’embrasse et merci pour ces articles qui accompagnent mes semaines. Catherine

Michel Bois · 28 janvier 2018 à 10:12

Peinture facile,peut-être,mais Eduardo Arroyo est considéré comme l’un des grands artistes espagnols de sa génération. . Avec humour et dérision, alliant l’absurde et l’ironie, il y dépeint l’humanité à travers des jeux – et des associations – d’images et puise son inspiration dans l’Histoire et celle de l’art : »La peinture est en quelque sorte littéraire – et c’est dans ce sens que je travaille sur des thèmes. Il y a un début, une fin, des personnages, et l’ambiguïté propre aux romans »Eduardo Arroyo.

Bises

Laisser un commentaire

%d blogueurs aiment cette page :