Pierre Loti et l’Île d’Oléron

Pierre Loti et l’Île d’Oléron

    Julien Viaud qui deviendra Pierre Loti est né en 1850 à Rochefort. Très tôt il s’attache à l’île d’Oléron, le pays de ses ancêtres maternels grâce à sa grand-mère, sa tante et sa mère qui lui racontent des histoires de là-bas. Chaque année, avec sa famille, il visite les trois tantes qui demeurent sur l’île.

Puis commencent ses longs voyages autour du monde;Alger,Valparaiso,Océanie,Turquie…. Il reviendra sur son île en 1879, 80, 81 lors de brèves escales. En juin 84, ce sera pour marcher sur la Grand’Côte pendant trois jours. En 1888, il y fera acheter des souvenirs de famille car il ne peut lui-même assister à la vente aux enchères des biens de sa cousine.

C’est en 1898 qu’il va acheter  » l’antique demeure familiale « , Il visite l’île avec son fils Samuel.  » C’est un petit hameau tout blanc, tout blanc, d’une blancheur orientale, avec des portes et des fenêtres vertes « . Ainsi décrit-il Saint Pierre dans  » La Maison des aïeules « . Mais il n’habitera jamais cette maison et il décide de la louer à un pasteur.

En 1919, suite à sa décision de reposer après sa mort à Saint Pierre dans le jardin de la Maison des aïeules, il revient à Oléron pour effectuer les démarches nécessaires.  »  Là au moins, je serai tranquille dans la bonne paix de la campagne, loin de tous, à l’abri des curiosités profanes.  » dit-il à ses amis. En août, il écrit sa demande au Conseil Municipal. L’autorisation lui est accordée le 27 septembre.

En 1920, il va planter près de son tombeau dans la Maison des aïeules un aloès que sa mère avait déjà planté dans la cour de Rochefort. En 1921, il dicte son testament qui commence par ces mots :  » Je désire être enterré à Saint Pierre d’Oléron, au fond du jardin de notre maison familiale, au pied du myrte, à deux mètres du grand palmier, à main gauche en allant au petit bois… « 

Décédé le 10 juin 1923 à Hendaye, il est rapatrié à Rochefort où il repose un moment dans la Salle Renaissance, puis il est  transporté dans l’île d’Oléron à bord de l’aviso Chamois et inhumé au fond du jardin de la Maison des aïeules le 16 juin.

img_0692-web

Île d’Oléron,huile Michel Bois

« Il y a quelque part sur les côtes de notre pays une grande île sablonneuse, contrée qui n’a aucune beauté appréciable et dont je ne veux pas vous faire une description bien longue.

Des bois de pins où passe le vent de la mer ; des marais salants où, pendant les chaudes journées d’été, le sel, soigneusement ramassé en petits tas d’une blancheur de neige, répand une senteur particulière que les paysans appellent « odeur de violette » et qui est semblable, en effet, à celle des violettes sauvages ; – et des alouettes, des alouettes par milliers, chantant en toute saison, à pleine gorge, leur chanson joyeuse, en s’élevant dans le ciel.

De grandes plages de sable, battues souvent et remuées par la houle d’ouest ; sur les dunes, des tapis d’immortelles et d’œillets roses, si odorants qu’ils envoient leur parfum jusqu’au large, aux navires qui passent.

Des villages de pêcheurs aux maisonnettes, toutes basses, comme blotties contre le sol par crainte des rafales qui soufflent de l’Océan ; pauvres villages tout blancs de chaux comme des villages arabes, et nets, et propres, à ravir, avec des giroflées, des roses, des fleurettes poussant partout, parmi les pavés, blancs aussi, de leurs petites rues paisibles.

Des hommes brunis par le soleil et le vent marin. Des bonnes vieilles en haute coiffe blanche. Sur toutes choses, un charme d’honnêteté simple, modeste et patriarcale. »

 

Pierre Loti. Fleurs d’ennui.

3 thoughts on “Pierre Loti et l’Île d’Oléron”

  1. Merci Michel pour cette belle histoire !!! Si j’ai visité plusieurs fois sa magnifique demeure à Rochefort ( on attend avec impatience la fin des travaux qui s’éternisent un peu !!!!) j’ignorais ses liens avec Oléron et le fait qu’il y reposait dans la maison des aïeules

Laisser un commentaire