Membre d’une fratrie de sept enfants, dont trois meurent en bas âge, Miguel Hernández passe son enfance et son adolescence entre l’école et le troupeau de son père.
À 14 ans, il doit abandonner l’école pour aider son père. Cependant, son enthousiasme pour la littérature et la poésie l’incite à passer de longs moments à la bibliothèque, absorbé dans la lecture de l’œuvre des grands auteurs du Siècle d’or espagnol comme Cervantes, Lope de Vega, Calderón ou Góngora.
Hernández continue à étudier sans maître et publie en 1929 son premier poème dans l’hebdomadaire local d’Orihuela El Pueblo. Un quotidien d’Alicante, El Día, le publie aussi à ses débuts.
En 1932, Hernández se rend pour la première fois à Madrid, sans grand succès. Mais lors de son deuxième séjour dans la capitale, il rencontre Pablo Neruda et Vicente Aleixandre.
En été 1936, quand la Guerre d’Espagne éclate, Miguel Hernández s’engage avec l’armée aux côtés des Républicains  avec le Parti communiste d’Espagne et participe à la défense de Madrid, de l’Andalousie, de l’Estrémadure et de Teruel.
Le 9 mars 1937, il épouse Josefina Manresa, une femme de son village natal, dont il a un fils ; ce fils meurt prématurément en 1938. Hernández écrira aussi bien pour ce fils, comme dans Hijo de la luz y la sombra, que pour son deuxième, Manuel, né en 1939.
À l’été 1937, il prend part au 2e congrès international des auteurs antifascistes.
Le 1er avril 1939, Franco annonce la fin de la guerre ; Hernández essaie de fuir l’Espagne et de rejoindre le Portugal. Mais il est arrêté à la frontière par la police portugaise et remis à la Garde civile espagnole. Transféré de Huelva à Madrid, il y purge une partie de sa peine puis séjourne dans une prison de Séville.
En mars 1940, il est condamné à mort ; la sentence est commuée en 30 ans d’emprisonnement peu après. Mais Hernández, atteint de tuberculose, meurt le 28 mars 1942 dans la prison Reformatorio de Alicante.

dessin Michel Bois

Les galoches désertes
Le cinq du mois de janvier
chaque année je mettais
mes souliers de berger
à la fenêtre froide
et trouvais en ces jours
qui font tomber les portes,
mes galoches vides,
mes galoches désertes.
Jamais eu de chaussures
ni costumes, ni mots,
toujours des ruisselets,
des peines et des chèvres,
vêtu de pauvreté
léché par la rivière,
je fus des pieds à la tête
prairie pour la rosée
Le cinq du mois de janvier
je souhaitais pour le six
que le monde entier fût
un magasin de jouets
et en allant dès l’aube
retourner le jardin
mes galoches sans rien,
mes galoches désertes….
Le cinq du mois de janvier
de notre bergerie,
mes souliers de berger
je sortais dans le givre,
jusqu’au six mon regard
pouvait voir à la porte
mes galoches gelées,
mes galoches désertes.
Signature de Miguel Hernández
merci à Colette.

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