L’ordre souverain, militaire et hospitalier de Saint-Jean-de-Jérusalem, de Rhodes et de Malte, plus connu comme l’ordre de Malte, a neuf cents ans. Consacré comme ordre religieux par une bulle du pape Pascal II en 1113, il était voué aux soins donnés aux pèlerins. A ses vœux, il ajouta une fonction militaire afin de protéger la Terre sainte.

Au cours de cette période de près de mille ans, l’Ordre a dû quitter Jérusalem en 1291 puis Chypre, puis Rhodes.Finalement, c’est en 1527 que les Hospitaliers prennent possession de l’île de Malte .

C’est  à cette époque que  Le Caravage (1571-1610),peintre déjà célèbre auprès de l’Eglise romaine,débarque à Malte  sous le coup d’une condamnation à mort pour avoir,  au cours d’une rixe, tué en duel Ranuccio Tomassoni, le chef de la milice de son quartier.

 

 L’hospitalité que lui offre le grand maître de l’Ordre de Malte, Alof de Wignacourt, est loin d’être désintéressée.

Portrait d’Alof de Wignacourt, peint par le Caravage.

L’ordre est alors au sommet de sa gloire en construisant sa nouvelle cité, La Valette à Malte,avec ses fortifications en étoile destinées à affirmer la supériorité du monde chrétien face aux musulmans. Malgré sa réputation sulfureuse et son caractère imprévisible, le Caravage est considéré comme le plus grand artiste vivant.

La Décollation de saint Jean-Baptiste, Le Caravage, c. 1608, co-cathédrale Saint-Jean de La Valette.

Le Caravage la décollation de saint Jean-Baptiste 1608 co-cathédrale de Saint-Jean de La Valette (Malte)

 

Protecteur du Caravage, Alof de Wignacourt veut l’accueillir au sein de l’ordre, au titre de chevalier de Grâce, puisqu’il ne possède pas les huit quartiers de noblesse nécessaires. Le grand maître est fort satisfait du portrait de lui-même portant la cuirasse que Jean Parisot de La Valette arborait pendant le siège ottoman de 1565 et il demande l’absolution pontificale du Caravage, sans jamais mentionner le nom de Michelangelo Merisi, même si le pape n’est pas dupe, et l’obtient.

Le Caravage est admis dans l’ordre le 14 juillet 1608 (ce qui lui impose entre autres la chasteté). Malheureusement, les chevaliers qui l’accueillirent en leur sein ne seront pas payés en retour, car la nature sauvage du peintre reprend le dessus et à la suite d’événements obscurs, une rixe vraisemblablement, il se retrouve emprisonné au fort San Angelo à Malte. Il s’en échappera  facilement en bénéficiant probablement de complicités haut placées, y compris de celle d’Alof de Wignacourt lui-même. Exclu de l’ordre, il quitte l’île sur laquelle il n’aura guère passé que quinze mois. Un an plus tard en 1610, près de Naples, il mourra sur une plage, assassiné dans des conditions mystérieuses.

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