L’huitre,un infini plaisir

« J’adore les huîtres : on a l’impression d’embrasser la mer sur la bouche. »
Léon-Paul Fargue

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En Grèce antique, notamment à Athènes, certains votes se faisaient à l’aide de coquilles d’huîtres : d’où le terme « ostracisme » de ostra : huître. Le nom français huître est issu du latin ostrea, emprunt au ὄστρεον (ostreon), devenu oistre en ancien français (terme en usage jusqu’au XVIIe siècle), parallèlement on trouve huistre dès le XVe siècle, dont le h graphique n’est pas étymologique, mais sert à éviter la lecture « vitre ». En effet, les lettres u et v étaient jadis notées toutes deux par le seul et unique v. L’amuïssement du s devant t, explique l’accent circonflexe sur le î, d’où huistre > huître (voir pour le h graphique huile, huit, huis).
L’huître est un sujet privilégié des natures mortes et particulièrement dans l’art flamand et néerlandais du siècle d’Or. Par son aspect physique mais aussi par les connotations qui lui sont associés : hermétisme et complexité cachée (Édouard Manet, Le Philosophe), intimité, plaisir charnel et même érotisme.Elle trouve sa place dans les tableaux de banquets divins (Frans Floris de Vriendt, Le banquet des dieux,1550) et princiers. L’huître peut suggérer le plaisir des sens et la tension érotique (Frans Van Mieris, Le repas d’huîtres, 1661).

La Seudre mai 2007

Le Bassin Marennes Oléron, aquarelle Michel Bois

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