Les phares

   

Les phares maritimes ont été le premier moyen pour les navires de repérer les zones dangereuses et les ports. Aujourd’hui, avec les systèmes de positionnement modernes, leur utilisation se raréfie. Ainsi, il n’y a que 1 500 phares maritimes encore en service dans le monde.
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Les premiers phares maritimes sont apparus dans l’Antiquité avec le développement de la marine. Ils sont attestés chez les Grecs et les Romains, et peut-être déjà chez les Puniques, voire les Minoens.
Tout comme les amers naturels (montagnes, volcans, etc.), les phares antiques servaient avant tout pour signaler la côte et plus généralement l’entrée d’un port.

La Tour de Léandre,Istanbul,aquarelle Michel Bois

Six phares jalonnent la côte française à la fin du XVIIe siècle, 15 en 1770, année où l’allumage se fait encore par un feu de bois sur la plateforme. C’est coûteux et incommode (on utilise jusqu’à 700 kilogrammes de bois par nuit sur le phare de Chassiron à Oléron), on ne les allume donc pas toutes les nuits.

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Le phare de Chassiron,aquarelle Michel Bois

Le plus souvent, ils ne sont allumés qu’à l’approche d’un navire.

En 1770, la Compagnie Tourville-Sangrain, qui vient d’obtenir la concession des phares, installe la première lampe à huile munie d’un réflecteur sur le phare de Sète. Ce procédé, moins onéreux, se répand rapidement (phare de Saint-Mathieu…). On compte 15 phares l’utilisant en 1775. Les phares sont munis d’un réflecteur en cuivre argenté. La portée du phare de Planier (Marseille) atteint 28 kilomètres par beau temps.
Les lampes à huile étant peu puissantes, on multiplie les mèches, mais le résultat est décevant (en 1782, le phare de Cordouan est muni de 84 mèches).

Le problème des phares en mer, difficiles d’accès, pousse les services des phares à chercher un système automatique. Les systèmes d’éclairages au gaz de houille semblent un temps permettre le fonctionnement d’un feu en continu; en France, en 1881, des tourelles en sont équipées à Boulogne et à Marseille, mais cette méthode est finalement abandonnée pour des raisons de coût. En Grande-Bretagne, Suède et Finlande, ce sont les phares au gaz de pétrole qui permettent de se passer de gardiens. D’autres gaz, comme l’acétylène, sont essayés, et des mécanismes sont conçus et testés. En France, en 1893, le feu de la tourelle des Morées (dans l’estuaire de la Loire) fonctionne jour et nuit pendant plus de 150 jours, sans intervention humaine.
Les difficultés sont pourtant nombreuses; les brûleurs doivent être entretenus régulièrement pour conserver une bonne intensité, les mécanismes de rotation des optiques sont fragiles face aux conditions climatiques en bord de mer : certains feux s’éteignent et doivent être réparés.L’automatisation se fera dans le dernier tiers du XXe siècle, avec l’arrivée de phares contrôlables depuis la terre. L’électricité des phares est alors fourni par panneaux solaires, ou par des éoliennes, évitant les problèmes de ravitaillement.
Pour autant, beaucoup de phares restèrent encore habités jusqu’aux années 1990 et deviennent plus rares en 2011; les États-Unis et la Grande-Bretagne ont automatisé l’ensemble de leur parc, le dernier phare américain habité ayant été le Charleston Light en 1998. En France, le dernier phare en mer habité est celui de Cordouan, quelques autres phares sur terre et facilement accessibles ne sont pas totalement robotisés. L’automatisation, si elle a permis de ne plus envoyer des hommes dans des endroits solitaires et dangereux, laisse cependant sans surveillance constante des édifices historiques comme Ar-Men, La Vieille. Depuis plus de dix ans, la Société nationale pour le patrimoine des phares et balises n’a cessé d’alerter les pouvoirs publics sur l’état de dégradation de ce patrimoine.

Scan10355.web

Phare de la Pointe des corbeaux,Île d’Yeu,aquarelle Michel Bois

2 thoughts on “Les phares”

  1. Très intéressant Michel!
    Et en plus quoi de plus beau qu’un phare pour l’aquarelliste ou le dessinateur….
    Amitiés
    Catherine

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