Le Palais Dario à Venise

Le Palais Dario

Palais Ca Dario

Palais Ca’Dario,aquarelle Michel Bois

 

    Cet austère édifice regorge de sombres histoires morbides qui ont marqué l’Histoire de la Cité des Doges.L’histoire commença en 1487 en plein cœur de Venise.

Giovanni Dario, un dalmate d’une famille non noble, commença la construction d’un des plus beaux et des plus particuliers palais sur le Canal Grande. Sur les dessins de Pietro Lombardi, ce palais, orné de marbres polychromes, bancal comme une vieille prostituée, du moins comme le définit d’Annunzio, n’a jamais bénéficié d’une belle renommée. Giovanni alla y habiter avec sa fille Marietta qui épousa le noble Vincenzo Barbaro. De là commencèrent les premiers problèmes : en ce qui concerne Vincenzo, ses affaires allèrent de plus en plus mal, au point de faire faillite, Marietta quant à elle, mourut de chagrin.

Quelques années plus tard, le palais passa entre les mains d’un riche arménien, Arbit Abdoll,commerçant de pierres précieuses. Lui aussi connu, après peu de temps, la faillite, puis la mort.

Vers la moitié du XIXe siècle, un anglais,Rawdon Lubbock Brown, alla y habiter : même histoire. Il fit faillite et se suicida. Son amant aussi connut la même fin tragique.

Les années passent, dans ce palais habite maintenant un riche américain,Charles Briggs. Suite à des histoires peu claires, il repartit habiter au Mexique, où son amant se suicida.

En 1970, l’amant du conte nouveau propriétaire du palais, Filippo Giordano delle Lanze,l’assassina en le frappant à la tête. Il prit la fuite et s’en alla à Londres et fut à son tour assassiné.

Le manager du groupe de rock « The Who » ,Kit Lambertse se suicida lui aussi, il avait depuis peu acheté le palais.

Début des années 80, un homme d’affaire de Venise achète le palais. Il fit faillite et sa sœur fut retrouvée morte.

Ce fut le tour de Raoul Gardini,homme d’affaires italien, propriétaire de Cà Dario et du Maure de Venise, mais également du bateau à voile avec lequel il voulait gagner la coupe du monde. A son tour, il se suicida.

Au fil des siècles, la Ca’ Dario a fait le malheur de ses occupants pourtant bien conscients des drames renfermés dans les murs de la bâtisse. Mais voilà, l’édifice fascine et intrigue. Il demeure le témoin macabre et malsain de nombreux destins tragiques. Woody Allen désirait ardemment acheter le monument… Mais après avoir pris connaissance du passé mystérieux de la demeure, il a renoncé au projet d’achat de la Ca’ Dario.

Sur la façade ornée de l’édifice, une personne aurait constaté la présence d’une inscription assez étrange qui pourrait être la clé du mystère tout entier : « Urbis Genio Joannes Darius » qui signifie « Giovanni Dario au génie de la ville ». L’anagramme de cette phrase latine confère de nombreux questionnements : « Sub ruina insidiosa genero » qui signifie : « Celui qui habitera ces lieux ira à sa ruine »

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