Le charbon de bois depuis l’Antiquité jusqu’à l’artiste coréen Lee Bae

Dès l’Antiquité, le charbonnier savait qu’il fallait chauffer le bois à une certaine température, pas trop élevée, et en évitant de l’enflammer, car sinon il en résulte des cendres ou un mauvais charbon de bois. Celui-ci s’obtenait en empilant du bois en un tas recouvert d’une couche d’argile, que l’on enflammait. Une partie du bois étant consumée en consommant tout l’oxygène, la chaleur produite transformant le reste du bois en charbon. Parfois, à la place d’une meule on effectuait la combustion dans une fosse.

Historiquement, en Europe, la carbonisation était réalisée par des charbonniers (ou carboniers), directement en forêt au plus près de la ressource en bois. Les lieux où s’établissaient cette activité étaient appelés charbonnières ou carbonneries et après abandon places à charbon ou aires de faulde (dans le nord).

Les usages du charbon de bois sont multiples,fabrication de la fonte,poudre à canon,amendement,élément de filtration,conservateur,combustible,fusain destiné au dessin fabriqué avec du bois de saule carbonisé.

dessin Michel Bois

L’artiste Lee Bae est  né 1956 en Corée du Sud. Quand il arrive à Paris, Lee Bae n’a pas beaucoup d’argent. Il achète un sac de charbon de bois et décide d’en faire son médium principal pour dessiner, mais la motivation économique n’explique pas tout. Le charbon de bois lui  rappelle le pays qu’il vient de quitter. Quand on creuse, en Corée du sud, les fondations d’une maison, le charbon de bois est la première chose qu’on découvre en raison de l’utilisation d’un système très ancien de chauffage au bois,l’ondol dont le principe de fonctionnement est très proche de celui des hypocaustes romains. De plus, lorsqu’un enfant naît, les coréens le signalent en accrochant à la porte du charbon de bois fixé sur une corde. Le charbon de bois est aussi lié au feu, qui symbolise l’énergie. Pour toutes ces raisons, de 1990 à 2000, Lee Bae réalise des sculptures de charbon de bois comme celle-ci, où les charbons de bois deviennent des éléments mystérieux, sensibles.

Lee Bae, »issu du feu »

Lee Bae ,installation 2016

« Les formes noires, les matériaux, les fonds blancs, la lumière et l’ombre, la densité et la transparence sont un vocabulaire que l’artiste utilise depuis le début de sa carrière pour révéler un environnement et un paysage intérieur où les formes, l’espace et les éléments sont l’expression philosophique, poétique d’une relation au monde. Entre formes et matériaux, temporalité et surgissement du geste, d’une attitude entre corps et nature, tout dans l’œuvre de Lee Bae est l’expression de la vitalité, de la force et de l’énergie. »(Fondation Maeght)

Catégories : HistoirePeinture

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