La Faïencerie d’Ardus

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En 1737, le Baron François Duval de Lamothe, installe une faïencerie dans son domaine de Lamothe à Ardus non loin de Montauban(Tarn et Garonne). En 1774, Joseph de Varaire, son fils prend sa succession. L’entreprise devient en 1749, Manufacture Royale et produira de très belles pièces jusqu’en 1789 : plats ovales à bord contourné, pots de pharmacie, inscription en manganèse cartouche de rocaille simplifiée dont le style s’inspire de Nevers ou de Montpellier, exécuté en camaïeu bleu, de services armoriés, plat octogonal décor de grand feu en camaïeu bleu à inspiration de style Berain. Puis, l’entreprise amorce son déclin après la mort du président Varaire. Ensuite la fabrication consistera en pièces utilitaires blanches et simples poteries.
La période courte de cette production permet de dater avec une relative précision précision ces faïences.

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Plat en faïence d’Ardus aux armes de l’Intendant Lescalopier

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Ce grand plat provient d’un service réalisé durant la période de gestion Lapierre-Lestrade (1752-1761), qui vit sortir des fours des ensembles armoriés à destination d’une clientèle locale et régionale. Il porte les armes de Gaspard Charles César Lescalopier (1706-1792), intendant royal en poste à Montauban de 1740 à 1756. Ce personnage considérable possédait par ailleurs un service de vermeil plus conforme à son rang, dont un plateau est parvenu jusqu’à nous (musée du Louvre, donation Stavros-Niarchos).
Livré en février 1754, quatorze ans après l’entrée en fonction de l’intendant, le service doit moins correspondre à la volonté d’équiper la table de l’hôtel des intendants qu’à un désir d’émulation et d’action en faveur du fonctionnement de la manufacture qui éprouvait quelques difficultés. Sans doute peut-on reconnaître un faible intérêt pour cet ensemble en constatant que Lescalopier ne s’en est pas embarrassé lorsqu’il quitta la ville en 1756 : les quelques pièces repérées au XIXe siècle l’ont été autour de Montauban. Ses deux successeurs, Chaumont de la Galaizière (1756-1761) et de Gourgues (1761-1773) ont chacun commandé un service armorié afin de soutenir l’activité d’Ardus, ce qui suppose à chaque fois la réforme de l’ensemble précédent.
Du service Lescalopier, expression d’une manufacture provinciale de grande qualité mais peinant à renouveler son offre, deux plats seulement sont connus à l’heure actuelle, celui-ci et un presque semblable au musée Paul-Dupuy de Toulouse.

Faîence ARDUS XVIIIème 31x24cm ;bords chantournés

Plat en faïence d’Ardus XVIII ème siècle ,décor à la fleur de pomme de terre

 

 

 

 

2 thoughts on “La Faïencerie d’Ardus”

  1. Tu me sidères Michel…à quoi ne t’intéresses tu pas? Telle est la question. En tout cas grâce à toi je me coucherais moins bête ce soir grâce à ma connaissance toute fraîche de la faïence d’Ardus….Grosses bises et merci. Catherine

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