Né en 1946 à Paris, Gérard Garouste ,peintre, décorateur, scénographe, illustrateur, sculpteur et graveur, vit et travaille entre Paris et la Normandie. Il est l’une des figures majeures de la peinture française. Peintre et sculpteur, il est obsédé par les origines de notre culture, l’héritage des maîtres anciens et les mythes. Son histoire propre est à la base de son travail de “démontage des images et des mots”, de sa préoccupation pour les questions de l’origine, du temps et de la transmission. Ses toiles, faites d’associations d’idées, sont tour à tour inquiétantes et joyeuses, peuplées d’animaux parfois fantastiques et de différents personnages. Ses sources mêlent la Bible, la culture populaire et les grands textes de Cervantès à Rabelais.

La peinture de Gérard Garouste est une réflexion sur l’universel et l’intemporel, sur l’amour, la mort, la sagesse, la folie. Il se situe dans le prolongement de Piero della Francesca, du Greco ou de Velásquez et son inspiration va s’abreuver aux sources de textes universels et fondateurs comme la Bible, La Divine Comédie, Pantagruel ou Don Quichotte.

Depuis plus de vingt ans, Garouste étudie l’hébreu et puise son inspiration dans le Talmud ou la Kabbale. Il n’est pas juif, mais porte la croix d’avoir eu un père antisémite.Gérard Garouste est en effet le fils d’Henri Auguste Garouste (1919-2008), antisémite et pétainiste convaincu, condamné le 25 juin 1945 à rembourser les établissements Lévitan qu’Henri Auguste Garouste avait spoliés en 1943, durant la guerre. Gérard Garouste voit dans cette terrible histoire familiale l’origine de ses troubles psychologiques.

Gérard Garouste a conté cette sombre histoire en 2009 dans un livre étonnant, L’Intranquille. Autoportrait d’un fils, d’un peintre, d’un fou (avec Judith Perrignon, éditions L’Iconoclaste).

L’ histoire ci-dessous est rapportée dans le Talmud,l’un des textes fondamentaux du judaïsme:
Un jour, Rabbi Akiva (Rabbi Akiva est l’une des figures les plus remarquables du judaïsme du IIe siècle) devait se rendre dans une certaine ville, mais il arriva trop tard, car les gardiens de la ville avaient déjà fermé les portes. Il dit : « Tout ce qu’accomplit Hashem(sanctification du nom de Dieu), il ne le fait que pour le bien. » Rabbi Akiva avait avec lui 3 choses : un âne, une bougie et un coq. Un lion arriva et dévora l’âne. Le vent se leva et éteint la bougie. Un chat arriva et dévora le coq. Sur chacun de ces 3 ennuis, Rabbi Akiva s’exclama : « Tout ce qu’accomplit Hashem, il ne le fait que pour le bien. »
En définitive, des brigands s’attaquèrent à la ville et tuèrent toute personne présente. Si Rabbi Akiva s’y était trouvé, il aurait été tué lui aussi. Si la bougie était restée allumée, elle aurait sûrement attiré l’attention des brigands qui aurait tué Rabbi Akiva. De même pour l’âne et le coq qui auraient probablement fait du bruit qui aurait certainement attiré les brigands et cela aurait mis la vie de Rabbi Akiva en danger. C’est pour cela que finalement, tout était pour le bien !

Gam Zou Letova!

Gérard Garouste, Gam Zou Letova 2015

Selon le Talmud, »face à l’obstacle ou à l’échec,une ouverture inattendue peut survenir pourvu qu’on ne lâche pas et qu’on suive son intuition.Le sujet est traité,symboliquement,dans l’épisode de la sortie d’Egypte.Le peuple hébreux est pris en étau entre les Égyptiens et la mer.Situation extrême qui donne le sentiment déraisonnable qu’une issue est possible.L’esprit repousse les limites.La mer s’ouvre.Cette intuition d’un reversement possible d’un mal vers un bien témoigne d’un optimisme et d’une force vitale par lesquels l’homme acquiert une dimension extraordinaire »(extrait du catalogue de l’exposition Gérard Garouste,en chemin,Fondation Maeght).

A voir aussi:

https://michelbois.fr/blog/gerard-garouste-don-quichotte/

Catégories : PeintureReligion

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