La lungua notte del’43 correspond au tragique événement qui s’est déroulé le 15 novembre 1943 à Ferrare où onze anti fascistes ont été abattus,huit extraits du Château d’Este ,les autres arrêtés à leur domicile et fusillés le long des fossés du Château d’Este.

Château d’Este,aquarelle Michel Bois

Ce tragique événement semblait répondre à l’assassinat  du fasciste Igino Ghisellini, secrétaire fédéral du Parti fasciste républicain.Ghisellini avait l’habitude d’effectuer quotidiennement le trajet entre Ferrare et Casumaro à bord de la Fiat 1100 de la fédération du Parti Fasciste Républicain. C’est le long de cette route que son automobile est retrouvée, le 13 novembre 1943, portant les traces de six coups de revolver. Son corps est découvert le lendemain, dans un fossé bordant la route, à Castello d’Argile.

Giorgio Bassani , romancier et poète italien né le  à Bologne et mort le  à Rome s’est inspiré de ce fait historique pour son livre Cinque storie ferraresi (1956).

Bassani y décrit une ville cachée et effrayée qui se cache derrière les volets fermés: tout le monde regarde, tout le monde le sait, mais personne n’est vu.

Pino Barilari est paralysé des deux jambes et passe son temps à résoudre des énigmes et mots croisés assis sur le balcon de sa maison corso Roma à Ferrare, juste au-dessus de la pharmacie qu’il a hérité de son père. La nuit du 15 décembre 1943 ( les fait ont déplacés de novembre à décembre 1943 dans le roman), onze personnes toutes anti-fascistes sont arrêtées et assassinées corso Roma et leurs corps abandonnés sur le trottoir à proximité de la pharmacie Barilari où le matin suivant des soldats tiennent à l’écart les personnes qui veulent s’approcher des cadavres.

La Longue Nuit de 43 (La lunga notte del ’43), film italien réalisé en 1960 par Florestano Vancini.

Au cours de l’été 1946, une enquête pour identifier le coupable de l’opération est lancée. Le principal suspect est Carlo Aretusi, surnommé « Sciagura » un fasciste qui a participé à la Marche sur Rome, marche paramilitaire menée par les faisceaux italiens de Mussolini vers la capitale de l’Italie le , ayant pour but en premier lieu d’impressionner le gouvernement libéral alors encore en place et de faire pression sur la classe politique. Pino Barilari est le seul témoin craint par Sciagura car selon toute probabilité celui-ci était assis comme toujours à son balcon, il a assisté à l’action du 15 décembre et pourrait citer les noms des coupables. Mais quand il est interrogé , Pino Barillari répond seulement « Je dormais».

En réalité, ce soir là, Pino a assisté à l’exécution mais aussi au retour de sa femme qui le trompe mais qu’il veut  protéger. Personne n’a été condamné pour ces assassinats. Néanmoins, à partir de cette nuit de décembre 1943, Pino Barilari perd tout intérêt pour les revues de mots croisés et d’énigmes. Abandonné par son épouse, son unique occupation est désormais de se placer sur le balcon de sa maison, observant les passants et murmurant un «Ehi!» ou «Attention!», pour attirer l’attention des gens qui passent à proximité de l’endroit où a eu lieu l’exécution.

Giorgio Bassani décrit  le climat d’arbitraire et de terreur des années du fascisme en Italie et cet épisode qui correspond à un règlement de comptes entre factions mussoliniennes sera camouflé en attentat commis par la Résistance.

 

Catégories : HistoireItalie

Laisser un commentaire

%d blogueurs aiment cette page :