Espagne:les peintres du XVIIème siècle, Velázquez et Zurbarán

Velázquez et Zurbarán

Bénéficiant de la découverte de l’Amérique et de l’arrivée de ses métaux précieux dans les ports espagnols, l’Espagne va rentrer pour environ un siècle (1530-1640) dans un âge d’or que l’on nomme le « Siècle d’Or espagnol ». Durant cette période, l’Espagne se trouve être l’État le plus puissant du monde et connaitre un rayonnement culturel très important ,notamment dans le domaine de la peinture,parmi eux Velázquez et Zurbarán.

« Certains artistes reconstruisent en quelque sorte leur milieu,d’autres le reflètent.Diego Velázquez(1599-1660) a transformé la vie figée de la cour de Madrid en images d’une audacieuse originalité.A Séville,Francisco de Zurbarán(1598-1664) exécuta des tableaux qui résument les croyances religieuses de sa clientèle ecclésiastique conservatrice. »(Jonathan Brown,Mécenat et Piété:l’art religieux de Zurbarán,1988).

Les Ménines, Velázquez

diego-velasquez-les-menines-1656-puzzle-1000-pieces.46052-1.fs

Diego Velázquez,les Ménines 1656 musée du Prado Madrid

Les Ménines (en espagnol : Las Meninas, les demoiselles d’honneur), également connu sous l’appellation La Famille de Philippe IV, est le portrait le plus célèbre de Diego Velázquez, peintre de chambre, charge la plus importante parmi celles dévolues aux peintres de la cour et a été peint en 1656. Le tableau est présenté au Musée du Prado de Madrid. La composition complexe et énigmatique de la toile interroge le lien entre réalité et illusion et crée une relation incertaine entre celui qui regarde la toile et les personnages qui y sont dépeints. Cette complexité a été la source de nombreuses analyses qui font de cette toile l’une des plus commentées de l’histoire de la peinture occidentale.

Ce tableau dépeint une très grande pièce du palais du roi Philippe IV d’Espagne dans laquelle se trouvent plusieurs personnages de la cour. La jeune infante Marguerite-Thérèse est entourée de demoiselles d’honneur, d’un chaperon, d’un garde du corps, d’une naine, d’un enfant italien et d’un chien. Derrière eux, Velázquez se représente lui-même en train de peindre, regardant au-delà la peinture, comme s’il regardait directement l’observateur de la toile. Un miroir à l’arrière plan réfléchit les images de la reine et du roi en train d’être peints par Velásquez (ou peut être, selon certains universitaires, réfléchissant le tableau que peint Velázquez représentant le roi et la reine). Par le jeu de miroir, le couple royal semble être placé hors de la peinture, à l’endroit même où un observateur se placerait pour voir celle-ci.

Zurbarán,Le Christ en croix 1627

zurbaran-christ-en-croix-1627

Zurbarán,le christ en croix,1627,Chicago,The Art Institut,

Zurbarán destine ses peintures aux ordres religieux,monastères,couvents,fondations…où les religieux vivaient en compagnie de ses images,devant lesquelles ils passaient souvent des heures à prier.En 1626,Séville ,ville de quelque 120 000 habitants abritait un clergé régulier très nombreux.Attirés par sa richesse et son importance,les grands ordres religieux se sont multipliés dans la ville et constituent une riche clientèle pour les peintres tels que Zurbarán.

Ce Christ est une œuvre bouleversante qui trouve peu d’équivalent dans la peinture espagnole de cette époque.Ici le visage du Christ penché sur l’épaule exprime une douleur intérieure mêlée de résignation sublime,absolument poignante;le corps tout en souffrance pèse sur le socle et les traverses de la croix au bois mal équarri d’une manière saisissante.

 

Laisser un commentaire