L’Homme mort est un tableau réalisé par le peintre Édouard Manet au milieu des années 1860. Il fait partie de la période hispanisante de Manet, au cours de laquelle le peintre est grandement influencé par la peinture espagnole,notamment par Diego Vélasquez et Francisco de Goya.La  tauromachie le fascine. Ainsi,le , Manet écrit à Baudelaire :

« Un des plus beaux, des plus curieux, et des plus terribles spectacles que l’on puisse voir, c’est une course de taureaux. J’espère, à mon retour, mettre sur la toile l’aspect brillant, papillotant et en même temps dramatique de la corrida à laquelle j’ai assisté. »

 

Edouard Manet ,l’homme mort 1864-1865

L’œuvre, à l’origine, n’était en fait qu’une partie d’une composition plus vaste destinée au Salon de Paris de la même année, et intitulée Épisode d’une course de taureaux : le peintre, mécontent des critiques qu’on lui adressait sur son œuvre, découpa le tableau qui avait pourtant été accepté au Salon de 1864. Cet Épisode lui avait été directement inspiré par la tauromaquia de Francisco de Goya et des Courses de taureaux d’Alfred Dehodencq. Il garda les deux parties de son œuvre : l’une est intitulée L’Homme mort (à l’origine : Le Torero mort), elle est conservée à Washington.
Après le découpage, Manet a longuement retravaillé le Torero mort de manière à en faire une œuvre indépendante et puissante. De la grande toile L’Épisode mesurant 126 × 168 cm, le peintre extrait une toile de 76 × 150 cm qui gagne en force et en monumentalité. C’est Manet lui-même qui a décidé de donner au tableau un caractère plus universel en changeant le titre. Le torero mort devient L’Homme mort à l’exposition de 1867.
L’autre partie découpée par Manet est intitulée La Corrida. C’est une huile sur toile de 48 × 108 cm, portant la signature posthume de Manet. Elle est conservée à la Frick Collection à New York.

 

Edouard Manet,la corrida 1865

Les critiques du salon reprochaient à L’Épisode d’une course de taureaux son manque de relief, et les proportions des personnages ainsi que de l’espace irréaliste.
A cette époque ,les années 1850 et 60 voient une transformation complète du paysage parisien. Napoléon III, sous la direction du baron Georges Haussmann, a vidé le cœur de Paris pour construire une métropole monumentale expansive. Manet a embrassé le milieu urbain du consumérisme et de l’industrie qui a surgi autour de lui.
En même temps, on voit souvent Manet peindre des copies de maîtres espagnols comme Velázquez, Zurbarán, EI Greco, Murillo et plus tard Goya. Le critique d’art et poète d’avant-garde Charles Baudelaire écrivait qu’avec Manet, «le génie de l’Espagne semble s’être réfugié en France». Manet était attiré par la «propreté» de la peinture espagnole, notamment l’emploi d’un dispositif stylistique italien. ténébrisme, qui utilise une juxtaposition rigide de valeurs claires et sombres.
Catégories : EspagnePeinture

2 commentaires

Catherine Dorochenko · 28 octobre 2018 à 09:04

Bonjour Michel. Vraiment super intéressant cet article. C’est fouillé, c’est clair, j’ai beaucoup aimé.
Grosses bises
Catherine

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