La Société du Saint Sépulcre de Nice a a été fondée en février 1431 par dix personnages issus de grandes familles du comté et réunis autour de Jean Grimaldi de Beuil. Cette société chevaleresque avait deux buts :

• Préparer et financer l’installation d’un couvent Franciscain de l’Observance à Nice
• soutenir l’œuvre de la custodie de Terre Sainte dont les Franciscains avaient la charge (d’où le nom de cette société qui fait référence au St Sépulcre de Jérusalem) .Cette custodie est une institution catholique responsable des intérêts de l’Église catholique en Terre sainte, notamment de la garde des Lieux saints de Jérusalem, depuis le XIIIème siècle.

La première chapelle était située dans le couvent des Franciscains  construit dans le vieux  Nice, puis au XVI° siècle les pénitents bleus fondent leur propre chapelle, au niveau de l’actuelle rue de la préfecture, sur un terrain jouxtant la demeure niçoise des Grimaldi de Beuil.

La Chapelle du Saint-Sépulcre des Pénitents Bleus a été ensuite installée en 1782 dans un bâtiment conçu  par l’architecte Antoine Spinelli en même temps que l’ensemble de la future place Garibaldi qui s’inspire des aménagements urbains piémontais de la même époque. Elle fut bâtie en deux années par l’entrepreneur André Laurenti. La chapelle n’est pas dissociable de son environnement urbain, outre son statut de lieu de culte, elle avait pour fonction de donner un caractère solennel à cette place  qui devint, à la fin du 18ème siècle, le véritable vestibule architectural de la ville de Nice.

La Chapelle du Saint-Sépulcre présente une caractéristique particulière,celle d’être établie au premier étage du bâtiment qui l’abrite.Sa taille relativement exiguë contraignit l’architecte à réaliser un exploit structurel pour donner aux fidèles un sentiment d’espace plus important.

La Chapelle recèle de nombreuses œuvres d’art:le monumental tableau de l’Assomption de la Vierge par Louis -Abraham van Loo (mort à Nice en 1721),l’émouvante statue de la Madonne du Sincaïre,protectrice de la ville de Nice,le Christ gisant articulé  qui servait autrefois à faire revivre le chemin de croix dans le Vieux-Nice lors de la Semaine Sainte et un rare ensemble de cartellami (décors illustrant la passion du Christ).

LES CONFRERIES DE PENITENTS

Ces associations de laïcs apparaissent à Nice au XIVe siècle, selon une forme née en Italie au XIIIe. Les quatre confréries toujours vivantes à Nice furent fondées en 1306 (Pénitents blancs de la Sainte-Croix), 1329 (Pénitents noirs de la Miséricorde, 1431 (Pénitents bleus du Saint-Sépulcre,bleu étant la couleur du manteau de la Vierge Marie) et entre 1576 et 1620 (Pénitents rouges de la Sainte-Trinité et du Saint-Suaire). Chaque confrérie a une mission sociale (aide aux malades pour les blancs, aux mourants et mont-de-piété pour les noirs, aux orphelines pour les bleus, aux orphelins pour les rouges) qu’elle a parfois conservé, au moins pour les deux premières. Elles ont leur chapelle, souvent des chefs d’oeuvre artistiques, et leur tenue de couleur différente qui permet de les identifier. Aujourd’hui, outre leur mission, elles participent aux grandes fêtes religieuses de la ville de Nice.

Yves Brayer,les Pénitents Bleus,Murcie 1955

Pour en savoir plus:

http://stsepulcre.blogspot.fr/

 


1 commentaire

Catherine Dorochenko · 4 mars 2018 à 10:04

Merci Michel! Vraiment très intéressant!

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