La calligraphie extrême orientale

   

La calligraphie

   La tradition veut que les caractères chinois aient été inventés par Cang Jie (vers 2650 av. J.-C.). Ses compositions étaient fondées sur l’observation de la nature, c’est pourquoi on disait qu’il avait deux paires d’yeux. Une autre tradition fait remonter l’invention des caractères à Fuxi, le légendaire premier empereur. Quoi qu’il en soit, le fait est que l’art du trait a existé avant la fabrication des premiers pinceaux, gravé sur des carapaces de tortue dont il reste aujourd’hui quelques spécimens. Le calligraphe est un lettré qui a la connaissance approfondie des textes spirituels et littéraires de sa culture ; il utilise toujours ce que la tradition a appelé « les quatre trésors du lettré » : bâton d’encre, pierre à encre, papier et pinceau. Ce ne sont pas des « objets », mais le prolongement du corps et de l’esprit du maître ou artiste qui agit dans « la voie ».

La calligraphie chinoise est le fondement de l’art chinois au sens moderne du terme, la beauté visuelle des idéogrammes, la technique sur laquelle elle s’appuie et les enjeux plastiques qui y sont liés incarnent l’ensemble des préceptes métaphysiques de la culture chinoise. Elle est devenue un art majeur.

Si la langue graphique codifiée existe depuis 4 000 ans, les idéogrammes de la langue classique chinoise existent depuis presque 3 000 ans (VIe siècle avant Jésus-Christ) et c’est vers 210 avant Jésus-Christ que Li Sseu déclarait : « Dans l’écriture d’un caractère, ce n’est pas seulement la composition qui importe, c’est aussi la force du coup de pinceau. Faites que votre trait danse comme le nuage dans le ciel, parfois lourd, parfois léger. C’est seulement alors que vous imprégnerez votre esprit de ce que vous faites et que vous arriverez à la vérité. »

La calligraphie est la forme d’art la plus caractéristique de l’aire culturelle chinoise, et les styles de peinture traditionnels en sont directement issus. Elle est à l’origine même de l’art au sens occidental du terme, la création plastique étant indissociable des visées utilitaires de l’écriture.

Calligraphie Michel Bois, »le chat noir »

Cet art s’est également beaucoup développé au Japon, de nombreux caractères appelés kanji (mot japonais signifiant littéralement « écriture des Han » et désignant les idéogrammes) étant communs aux deux langues. Mais en raison du fait que grammaticalement le japonais est totalement différent de la langue chinoise, les Japonais ont été obligés de créer deux alphabets syllabaires : hiragana et katakana. La calligraphie s’est donc implantée au pays du soleil levant aussi fermement qu’en Chine, sur la base de la copie des textes bouddhistes, de la poésie et de la littérature également. En raison de la présence de ces deux syllabaires, la calligraphie japonaise doit ses lettres de noblesse à la calligraphie au pinceau fin, tandis que la calligraphie chinoise aura toujours tendance à privilégier des traits plutôt charnus. La différence dans la fabrication des pinceaux entre ces deux pays tient compte de cela, même aujourd’hui dans le cadre d’une fabrication artisanale totalement à la main.

La calligraphie n’existe pas sans l’art de la gravure des sceaux. De même que pour les encres et pigments (pour la peinture), l’artiste grave lui-même son sceau. Une œuvre peut contenir de 1 à 7 sceaux différents.

1 thought on “La calligraphie extrême orientale”

Laisser un commentaire