Le Bassin Marennes-Oléron

Le bassin de Marennes-Oléron , région naturelle de Charente-Maritime, est une aire importante de production ostréicole, dans le sud-ouest de la France.

S’étendant entre les estuaires de la Charente et de la Gironde, avec pour trait-d’union la Seudre, mais aussi sur une partie de l’île d’Oléron, il couvre la frange littorale du marais de Rochefort (depuis Port-des-Barques jusqu’à Hiers-Brouage), la presqu’île de Marennes, la côte orientale de l’île d’Oléron (depuis La Brée-les-Bains jusqu’à Saint-Trojan-les-Bains) et la côte nord de la presqu’île d’Arvert (depuis La Tremblade jusqu’à L’Éguille, aux portes de Saujon), soit une superficie de près de 3000 hectares. Il recoupe plusieurs régions naturelles : Rochefortais, île d’Oléron et Royannais. Il ne correspond que partiellement au Pays Marennes-Oléron et recouvre également une partie du Pays Royannais.

musee1Principal centre d’affinage et de production d’huîtres d’Europe, le bassin de Marennes-Oléron se distingue par ses paysages de marais largement ouverts sur l’océan, ses ports ponctués de cabanes en bois traditionnelles et ses « claires » d’affinage. Vingt-sept communes sont concernées par l’aire géographique protégée, dont trois villes portuaires proches, intimement liées au niveau macro-économique : Marennes, sur la rive droite de la Seudre, La Tremblade, qui lui fait face sur la rive opposée du fleuve, et Le Château-d’Oléron, également face à Marennes, par-delà le coureau d’Oléron.

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Le Bassin de Marennes-Oléron,aquarelle Michel Bois

D’implantation fort ancienne et connues dès l’époque gallo-romaine, les huîtres du littoral charentais ont d’abord été l’objet de cueillettes sur des bancs sauvages où elles se reproduisaient naturellement et abondamment.
Puis, à partir du XVIIIe siècle, elles ont commencé à être élevées dans des parcs ostréicoles qui succédaient à des marais salants alors abandonnés. Cependant, cette pratique était peu répandue et jusqu’à la première moitié du XIXe siècle, la récolte des huîtres constitue essentiellement une activité d’appoint.

La véritable mise en culture de l’huître commence pendant le Second Empire, sous l’impulsion décisive de Napoléon III, qui  fait introduire les bases de l’ostréiculture moderne avec la réorganisation de l’exploitation du domaine maritime et  la technique du chaulage pour le captage des huîtres.
Jusque vers 1920, l’huître dominante est l’huître plate qui verdissait dans les anciennes aires saunantes, appelées dès lors claires à huîtres. Les huîtres vertes de Marennes étaient de longue date appréciées et leur production se développa rapidement avec l’arrivée du chemin de fer à partir de 1876 qui facilita la commercialisation d’une production essentiellement destinée aux classes aisées et fortunées de la capitale et des grandes villes provinciales.

L’huître portugaise fit son apparition sur la côte charentaise accidentellement en 1868. À la suite d’un naufrage, la cargaison de ces huîtres en grande partie avariées fut jetée à la mer, dans l’embouchure de la Gironde. Ces huîtres proliférèrent de façon inattendue en d’importants gisements sur la côte charentaise. Elles firent leur entrée sur le marché après la terrible épizootie qui frappa les vertes marennes en 1920 où 80 % de ces huîtres du bassin de Marennes furent décimées.

L’huître portugaise connut un réel succès grâce à sa croissance rapide, son élevage moins compliqué que l’huître plate et fut alors l’objet de nombreux soins (apparition du classement en fines de claire et spéciales de claire). Sa production atteignit les 50 000 tonnes annuelles dès les années 1920 et sa commercialisation dans toute la France assura la prospérité de la profession ostréicole où l’huître n’était plus exclusivement un produit de luxe mais était largement démocratisée, étant accessible dorénavant à toutes les classes sociales. Le développement de l’huître creuse apporta un profond changement dans la pratique de l’élevage ostréicole qui allait du captage à l’affinage dans tout le bassin de Marennes et d’Oléron. Mais victime de son succès trop rapide, cette huître fut frappée à son tour par une nouvelle épizootie en 1970.

Elle fut remplacée avec succès par l’huître japonaise en 1971 par l’importation de 50 tonnes d’huîtres-mères issues du Japon. Depuis lors, l’huître japonaise qui a pris le relais de l’huître portugaise  est maintenant acclimatée à tout le littoral charentais.

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