Le Fort Carré à Antibes, Nicolas de Staël

           Situé sur la presqu’île Saint-Roch, le Fort-Carré est bâti sur un rocher culminant à 26m au-dessus du niveau de la mer. Son chemin de ronde s’élève à 43m et offre une vue panoramique à 360 degrés.

Ce bâtiment défensif était autrefois une tour circulaire construite en 1550 sur le site de la chapelle Saint-Laurent.

Construit sur ordre du Roi de France Henri II dans la deuxième moitié du XVIe siècle, le Fort Carré sert à l’époque aussi bien de sentinelle pour la frontière toute proche avec le Comté de Nice que de poste de défense pour Antibes, dernier port français avant cette frontière. Il prit sa forme en étoile avec l’ajout de quatre bastions et devient opérationnel en 1585.Le Fort Carré a connu en 1592 sa première attaque menée par de l’armée du Duc de Savoie.

Sensiblement amélioré à la fin du XVIIe siècle par Vauban, l’ouvrage prend sa forme en étoile grâce à quatre bastions  en étant adapté à l’évolution des techniques militaires de siège et celle des armes à feu.

Le Fort demeurera un site stratégique jusqu’au XIXe siècle.

aquarelle Michel Bois

 

 

 

Nicolas de Staël(1913-1914) a peint un remarquable tableau en 1955 sur le Fort Carré  après son installation à Antibes où il produit plus de trois cent cinquante toiles – soit le tiers de la totalité de son œuvre.

Nicolas de Staël,le Fort Carré 1955

Peintre français originaire de Russie,il est issu d’une branche cadette de la famille Staël von Holstein,famille de la noblesse immémoriale allemande originaire de Westphalie.

La carrière de Nicolas de Staël s’étale sur quinze ans — de 1940 à 1955 —, à travers plus d’un millier d’œuvres, influencées par Cézanne, Matisse, Van Gogh, Braque, Soutine et les fauves, mais aussi par les maîtres néerlandais Rembrandt, Vermeer et Seghers.

Sa peinture connaît une constante évolution. Des couleurs sombres de ses débuts (Porte sans porte, 1946 ou Ressentiment, 1947), elle aboutit à l’exaltation de la couleur comme dans le Grand Nu orange (1953). Ses toiles se caractérisent par d’épaisses couches de peinture superposées et un important jeu de matières, passant des empâtements au couteau (Compositions, 1945-1949) à une peinture plus fluide (Agrigente, 1954, Chemin de fer au bord de la mer, soleil couchant, 1955).

Refusant les étiquettes et les courants, tout comme Georges Braque qu’il admire, il travaille avec acharnement, détruisant autant d’œuvres qu’il en réalise. « Dans sa frénésie de peindre il côtoie sans cesse l’abîme, trouvant des accords que nul autre avant lui n’avait osé tenter. Peinture tendue, nerveuse, toujours sur le fil du rasoir, à l’image des dernières toiles de Vincent van Gogh qu’il rejoint dans le suicide »

Nicolas de Staël meurt à 41 ans en se jetant de la terrasse de l’immeuble où il avait son atelier à Antibes. Il est enterré au cimetière de Montrouge.

 


2 commentaires

Masset Josiane · 8 avril 2018 à 19:09

Merci Michel, grâce à ton article Le musée Picasso d’Antibes sera notre prochaine destination avec un regard attentif pour les tableax de Nicolas de Staël !

    Michel Bois · 8 avril 2018 à 19:25

    merci Josiane,ne manquez pas de nous faire signe lors de votre prochaine venue dans les AM
    amitiés à tous deux.

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