Les Torii (Japon)

Torii à Kyoto,aquarelle Michel Bois

     Un torii, portail traditionnel japonais,  est communément érigé à l’entrée d’un sanctuaire shintoïste, afin de séparer l’enceinte sacrée de l’environnement profane. Il est aussi considéré comme un symbole du shintoïsme.

Du fait de sa fonction de séparation symbolique du monde physique et du monde spirituel, chaque torii traversé lors de l’accès à un sanctuaire doit être retraversé dans l’autre sens afin de revenir dans le monde matériel. Il n’est pas rare de voir des Japonais contourner un torii lorsqu’ils pensent ne pas repasser plus tard par cet endroit.

On pense que les premiers toriis se sont développés au Japon. Des écrits anciens attestent de leur présence au Xe siècle. Ils étaient communs dès le milieu de la période Heian (794-1185).

L’origine des toriis semble devoir être rapprochée de celle des torana bouddhistes, en Inde et au Népal. L’usage des toriis pourrait s’être développé progressivement.

Les sanctuaires devaient initialement être délimités par quatre poteaux, un à chaque angle ; une corde tendue entre les poteaux marquait ainsi la limite entre l’emprise sacrée du sanctuaire et l’extérieur. Deux poteaux plus grands ont ensuite été rajoutés au milieu du côté se prêtant le plus à l’accès au sanctuaire ; la corde aurait ainsi été rehaussée entre ces deux poteaux, afin de permettre aux prêtres d’entrer (de tels exemples sont encore visibles aujourd’hui, notamment au sanctuaire Ōmiwa-jinja, préfecture de Nara).

Puis la corde a été remplacée par un linteau de bois ; pour renforcer la structure de l’ensemble, on rajouta un second linteau : on obtient ainsi un shinmei torii de base. La corde tendue entre les quatre poteaux d’angle a également évolué pour devenir, plus communément, une clôture en bois.

Le taureau dans la peinture

      Depuis la nuit des temps, le taureau a eu pour nos ancêtres une très importante valeur symbolique et religieuse. On le retrouve dans presque toutes les traditions païennes, depuis le paléolithique jusqu’à l’âge du fer.

Lascaux 17 000 ans

 Le symbolisme du taureau semble avoir suivi au cours de ces millénaires une même constante, même si au néolithique l’aspect fertilité-fécondité a été plus prononcé que durant les autres périodes historiques de notre passé païen.

Le culte du taureau précède historiquement celui du cheval, les bovins étant déjà domestiqués et employés à la traction quand les chevaux sont à peine apprivoisés. Bœufs et taureaux sont fréquemment présents dans l’art et les cultes, au IVe millénaire av. J.‑C. en particulier. Platon y fait référence dans ses écrits concernant l’Atlantide :

« Des taureaux étaient libérés dans l’enceinte du sanctuaire de Poséidon ; les dix rois y étaient seuls et priaient le dieu de capturer la victime qui lui serait agréable ; sans armes de fer, avec des épieux et des lacs, ils se mettaient en chasse. Celui des taureaux qu’ils avaient capturé  ils le conduisaient à la colonne et l’égorgeaient à son sommet, contre l’inscription. Sur la colonne, outre les lois, figurait un serment qui prononçait de terribles imprécations contre ceux qui le trahiraient. Quand donc, après avoir sacrifié selon leurs lois, ils consacraient tous les membres du taureau, ils remplissaient de vin trempé un cratère, et lançaient un caillot de sang sur chacun d’eux. Le reste était porté au feu et la colonne était purifiée »

— Platon, Critias

Le taureau est notamment présent dans le mithraïsme (sacrifice du taureau), le mythe du Minotaure et le culte d’Apis.

Egypte ,Apis , taureau sacré

Apis est le nom grec d’un taureau sacré de la mythologie égyptienne vénéré dès l’époque préhistorique. Les premières traces de son culte sont représentées sur des gravures rupestres, il est ensuite mentionné dans les textes des pyramides de l’Ancien Empire et son culte perdura jusqu’à l’époque romaine. Apis est symbole de fertilité, de puissance sexuelle et de force physique.

A l’époque moderne de nombreux peintres ont repris ce thème.

Manet (1832-1883)

À son retour d’Espagne, Manet se déclare fortement impressionné par le spectacle des arènes, et dans une lettre à Zacharie Astruc, le , il déclare qu’il compte : « mettre sur la toile l’aspect rapide de cet assemblage de monde tout bariolé, sans oublier la partie dramatique, picador et cheval renversés, labourés par les cornes du taureau furieux, et l’armée de chulos cherchant à écarter l’animal.

Manet 1865 Corrida ,la mort du taureau

 Joan Miró (1893-1983)

Miró né à Barcelone a commencé sa carrière avec une peinture réaliste, mais schématique et naïve . Sa production est d’abord marquée par les personnages, les animaux et les outils de la ferme de ses parents en Catalogne. Par la suite, il prend des distances par rapport au réel et élabore un langage de signes personnels et biomorphiques (comme des organismes vivants). Le thème de la course de taureaux apparaît dans son œuvre avant 1937, date à laquelle il fuit la guerre civile en Espagne, et ressurgit avec ce tableau qu’il ébauche en 1942 et reprend trois ans plus tard.

Miro,1942-1945

Picasso 1881-1973

 Le taureau est entré très vite dans la vie du jeune Picasso qui a assisté à sa première corrida à l’âge de 8 ans. Plus tard, installé dans le sud de la France il va voir toréer Luis Miguel Dominguin et lui confier que s’il n’avait pas été peintre, il aurait aimé être picador.

Rien d’étonnant à ce que Picasso fasse de la corrida l’un des thèmes centraux de son œuvre au travers des figures du taureau et du minotaure.
 

Picasso ,la course de taureau 1934

Francis Bacon 1909-1992

Triptych 1987

Bacon utilise dans Triptych des miroirs pour englober les parties du corps blessées,comme pour prendre ses distances avec la violence brute d’une corrida.Le triptyque décrit les séquelles d’un combat sanglant telles qu’elles sont exposées à la vue dans une arène.Les trous creusés dans la chair et les membres entourés de pansements sont soulignés par des cercles et des flèches d’une précision clinique.La silhouette sinistre du taureau se tapit dans le panneau de droite,sa vengeance s’incarnant dans la lune qui s’élance au-dessus de sa tête.

A voir:  Francis Bacon/ Bruce Nauman.Face à face

http://museefabre.montpellier3m.fr/EXPOSITIONS/Francis_Bacon_Bruce_Nauman._Face_a_face