Ateliers d’artistes

    Que ce soit dans le recueillement solitaire propice à la création , dans l’effervescence des grands ateliers de production de la Renaissance  ou bien dans l’émulation fraternelle des ateliers bohème comme le Bateau Lavoir, l’artiste a toujours créé son espace de travail. C’est là que s’élabore « sa cuisine », c’est aussi souvent son lieu de  transmission et d’enseignement.

L’atelier est à la fois un espace qui s’imprègne de la présence de l’artiste jusqu’à s’imposer comme son autoportrait, un autoportrait dans lequel le créateur peut être ou non présent , et un microcosme intime qui témoigne de l’instant créatif.

L’artiste est entouré de multiples environnements, qu’ils soient familiaux, socio-culturels, économiques, matériels ou géographiques, qui encadrent et influencent son œuvre, mais il y a aussi l’environnement que l’artiste se crée lui-même, c’est celui de l’atelier. Que représente ce lieu très particulier pour l’artiste ? C’est un lieu de vie, le lieu de leur vie d’artiste, le lieu de leur créativité….

Henri Matisse né le au Cateau-Cambrésis, et mort, le , à Nice, peintre, dessinateur, graveur et sculpteur français.

Le Luth 1943

                  
« Dans mon atelier de Clamart, j’ai tout fait pour y reconstituer la lumière d’ailleurs. C’est là que je m’efforce de vivre et d’inventer, au milieu du tintamarre et de la menace, un monde de volupté calme ».
Henri Matisse

Joan Miro,nationalité espagnole,né en 1893 à Barcelone (Espagne),décédé en 1983 à Palma de Majorque (Espagne)

 Peintre, sculpteur

 

Constellations 1940

Pablo Ruiz Picasso, né à Malaga le 25 octobre 1881 et mort le 8 avril 1973 à Mougins, peintre, dessinateur et sculpteur espagnol ayant passé l’essentiel de sa vie en France

Paysage de Mougins 1965

« Quel que soit l’entourage, l’atelier devient la substance de nous-mêmes, il déteint sur nous, s’organise selon notre nature… ».
Picasso (conversation avec Brassaï)

Pierre Soulages, né le à Rodez dans l’Aveyron, est un peintre et graveur français associé depuis la fin des années 1940 à l’art abstrait. Il est particulièrement connu pour son usage des reflets de la couleur noire, qu’il appelle « noir-lumière » ou « outrenoir ». Ayant réalisé quelque 1 550 tableaux dont les titres sont tous composés du mot « peinture » suivi de la mention du format, il est un des principaux représentants de la peinture informelle.

Peinture 2010

Francis Bacon, né le à Dublin et mort le à Madrid,  peintre anglais.

Peintre de la violence, de la cruauté et de la tragédie d’où, à ses dires, « l’odeur du sang humain ne [le] quitte pas des yeux », l’œuvre de Francis Bacon se déploie en grands triptyques mettant en scène sa vie, ses amis, son admiration pour Diego Velázquez, Vincent van Gogh ou Pablo Picasso, ou par des portraits torturés, comme pliés dans la texture de la toile, de ses amis Michel Leiris, Mick Jagger, etc.

étude pour corrida 1969

« Les lieux ont une forte influence sur moi (….) je suis très sensible à l’atmosphère d’une pièce (…) j’ai su dès cet instant où je suis rentré ici, que je pourrais y travailler ».
Francis Bacon.

esquisse portrait de Mick Jagger 1982

 

 

 

 

nager avec Camus

    • Albert Camus (1913-1960),Prix Nobel de Littérature en 1957

dessin Michel Bois

« Il lui fallait maintenant s’enfoncer dans la mer chaude, se perdre pour se retrouver, nager dans la lune et la tiédeur pour que se taise ce qui en lui restait du passé et que naisse le chant profond de son bonheur. Il se dévêtit, descendit quelques rochers et entra dans la mer. Elle était chaude comme un corps, fuyait le long de son bras, et se collait à ses jambes d’une étreinte insaisissable et toujours présente. Lui, nageait régulièrement et sentait les muscles de son dos rythmer son mouvement. A chaque fois qu’il levait un bras, il lançait sur la mer immense des gouttes d’argent en volées, figurant, devant le ciel muet et vivant, les semailles splendides d’une moisson de bonheur. Puis le bras replongeait et, comme un soc vigoureux, labourait, fendant les eaux en deux pour y prendre un nouvel appui et une espérance plus jeune. Derrière lui, au battement de ses pieds, naissait un bouillonnement d’écume, en même temps qu’un bruit d’eau clapotante, étrangement clair dans la solitude et le silence de la nuit. A sentir sa cadence et sa vigueur, une exaltation le prenait, il avançait plus vite et bientôt il se trouva loin des côtes, seul au cœur de la nuit et du monde. Il songea soudain à la profondeur qui s’étendait sous ses pieds et arrêta son mouvement. Tout ce qu’il avait sous lui l’attirait comme le visage d’un monde inconnu, le prolongement de cette nuit qui le rendait à lui-même, le cœur d’eau et de sel d’une vie encore inexplorée. Une tentation lui vint qu’il repoussa aussitôt dans une grande joie du corps. Il nagea plus fort et plus avant. Merveilleusement las, il retourna vers la rive. A ce moment il entra soudain dans un courant glacé et fut obligé de s’arrêter, claquant des dents et les gestes désaccordés. Cette surprise de la mer le laissait émerveillé. Cette glace pénétrait ses membres et le brûlait comme l’amour d’un Dieu d’une exaltation lucide et passionnée qui le laissait sans force. Il revint plus péniblement et sur le rivage, face au ciel et à la mer, il s’habilla en claquant des dents et en riant de bonheur. »

La Mort heureuse

La Mort heureuse fut entrepris vers 1936, à l’époque où Camus écrit L’Envers et l’Endroit et Noces. L’auteur en abandonnera l’écriture bien que largement terminée, pour se consacrer à L’Étranger. Le roman paraît seulement en 1971 soit onze ans après la mort de son auteur.

La Tour de Léandre, Istanbul

La tour de Léandre(Istanbul)

La tour de Léandre ou Leandros, en turc Kız Kulesi (Tour de la Fille), est bâtie sur une petite île située dans le détroit du Bosphore au large du quartier d’Üsküd.

 

La première tour fut initialement construite en 408 av. J.-C. par le général athénien Alcibiade pour contrôler les mouvements des navires perses dans le détroit du Bosphore, entre les anciennes villes de Byzance et Chrysopolis(rive asiatique).

La tour fut reconstruite et transformée en forteresse par l’empereur byzantin Alexis Comnène en 1110 apr. J.-C., puis restaurée et légèrement modifiée à plusieurs reprises par les Turcs ottomans, le plus significativement en 1509 et 1763. La restauration la plus récente date de 1998. Des soutiens en acier ont été ajoutés autour de l’ancienne tour à titre de précaution, après le tremblement de terre du 17 août 1999.

la-tour-de-leandre

Aquarelle Michel Bois

Utilisée comme un phare pendant des siècles, la tour a été transformée en un café et un restaurant populaire, avec une excellente vue sur l’ancienne capitale romaine, byzantine et ottomane.

Légendes

    Il y a beaucoup de légendes à propos de la construction de la tour et de son emplacement.

   Selon la légende la plus populaire de Turquie, un sultan avait une fille bien-aimée. Un jour, un oracle lui prédit qu’elle mourrait mordue par un serpent venimeux le jour de son 18e anniversaire. Le sultan, pour l’écarter des terres et donc des serpents, fit construire la tour au milieu du Bosphore pour protéger sa fille jusqu’à son 18e anniversaire. La princesse a été placée dans la tour, où elle était souvent visitée par son père uniquement.

Le jour du 18e anniversaire de la princesse, le sultan ravi d’avoir pu empêcher la prophétie lui apporta en cadeau un panier de fruits exotiques somptueux. Cependant, un serpent était caché dans le panier et mordit la princesse, qui mourut dans les bras de son père, tout comme l’oracle l’avait prédit.

   Selon une autre légende,l’ancien nom de la tour de Léandre vient de l’histoire d’une autre jeune fille : l’ancien mythe grec de Héro et Léandre. Héro était une prêtresse d’Aphrodite qui vivait dans une tour à Sestos sur la rive européenne de l’Hellespont (Hellespont est l’ancien nom du détroit des Dardanelles). Léandre, un jeune homme d’Abydos, de l’autre côté du détroit d’Abydos, sur la rive asiatique, tomba amoureux d’elle et nageait tous les soirs pour la rejoindre de l’autre côté. Héro allumait une lumière chaque nuit au sommet de sa tour pour guider son chemin.

Succombant aux mots doux de Leandros, et à son argument selon lequel la déesse Aphrodite, déesse de l’amour méprisait les vierges, Héro lui permit de faire l’amour avec elle. Cela dura tout l’été. Mais une nuit de tempête en hiver, les vagues rejetèrent Léandre dans la mer et le vent éteignit la lumière mise par Héro, et Léandre perdit son chemin et se noya. Lorsque la mer rejeta son corps le lendemain, Héro folle de chagrin se jeta de la tour et mourut également. Le nom de jeune fille à la Tour pourrait aussi avoir son origine dans cette histoire ancienne.

En raison de la proximité et la similitude entre les Dardanelles et le Bosphore, l’histoire de Leandros a été attribuée à la tour par les Grecs et plus tard, les Byzantins.