Les écritures égyptiennes

     Les écritures égyptiennes

ramses

Dessin Michel Bois

  Apparue à la fin du IVe millénaire av. J.‑C. en Haute-Égypte, l’écriture hiéroglyphique est utilisée jusqu’à l’époque romaine, soit pendant plus de trois mille ans. La connaissance des hiéroglyphes se perd avec la fermeture des lieux de culte païens par l’empereur Théodose Ier vers 380 apr. J.-C. Si certains chercheurs déclarent que des hiéroglyphes auraient été décodés par Ibn Wahshiyya vers le IXe siècle, des Européens s’y sont aventurés au début du XIXe siècle (Johan David Åkerblad, Thomas Young), avec des succès incertains, mais il faudra, après la découverte de la pierre de Rosette, le génie de Jean-François Champollion  pour briser, après quatorze siècles, ce qui paraissait être « un sceau mis sur les lèvres du désert ».

Les anciens Égyptiens considèrent que les hiéroglyphes ont été inventés par le dieu Thot,patron des scribes,d’où l’expression médou netger « paroles du dieu » pour les désigner:les paroles divines ne sont accessibles dans le monde des humains que sous la forme écrite.

Parallèlement à cette écriture hiéroglyphique purement figurative,d’autres méthodes graphiques simplifiées(dites cursives) se développent,le but étant de fluidifier les mouvements de la main et d’accélérer ainsi la mise par  écrit.

Dans l’ancienne Égypte ,deux systèmes d’écriture concurrents sont d’abord employés -le hiéroglyphique et le hiératique-,puis trois-avec l’ajout du démotique.

hieroglyphe-fragment

Fragment d’inscription gravée en hiéroglyphes soignés. 25e – 26e dynastie, 715 – 525 avant J.-C. calcaire – provient d’un mur de chapelle de tombeau (Musée du Louvre).

ecriture-hieratique

Lettre en écriture hiératique. règne de Ramsès IV (1153 – 1147 avant J.-C.), 20e dynastie papyrus (Musée du Louvre).

ecriture-demotique

Acte de location de terre et de bétail en écriture démotique sur papyrus. Thèbes – 534 avant J.-C. (26e dynastie) (Musée du Louvre).

Chacune de ces trois écritures est dotée d’une  fonction particulière,ce qui explique leur développement conjoint pendant trois millénaires.L’écriture hiératique qui rend de façon cursive la forme générale des hiéroglyphes,permet de rédiger les écrits de la vie courante jusqu’à l’apparition du démotique au VIIème siècle avant notre ère.Cette écriture est alors utilisée pour tous les documents de la vie quotidienne,tandis que le hiératique se cantonne dans tous les écrits religieux et funéraires,conjointement avec les hiéroglyphes.

 L’Egypte est une civilisation de l’écrit : dès les premières dynasties, les documents attestent de la volonté de mettre en mémoire les données ressenties comme indispensables à la bonne marche de l’Etat. Sans l’écrit, il aurait été impossible au pharaon d’imposer son autorité sur un pays aussi étendu du Nord au Sud. En raison de la crue du Nil, chaque année les limites des terres étaient effacées. L’établissement d’un cadastre (impossible sans l’écrit) était donc fondamental pour enregistrer les parcelles et calculer l’impôt. Très tôt,on trouve trace des recensements systématiques des biens et des personnes. C’est encore l’écrit qui donnait force de loi aux décrets royaux gravés sur des stèles, les palais et les temples.
L’écriture a permis aux Egyptiens de mémoriser leur propre histoire en établissant les listes des rois, en racontant les événements importants dans un cadre chronologique.
Mais pour l’Egyptien, l’écrit est bien plus que l’enregistrement des lois, des événements, des biens et des hommes, elle a une fonction magique pour garder en mémoire les actes essentiels des souverains destinés à assurer la Maât : victoire sur les ennemis, célébrations de rites religieux et royaux, fondations d’édifices. L’invention de l’écriture était considérée comme un présent des dieux et plus précisément celui du dieu Thot, maître du calendrier, de la science, de l’écriture et des scribes.

Les scribes étaient des fonctionnaires, ils étaient recrutés et payés par l’État. Ils intervenaient à tous les niveaux de la société : du contrôleur des équipes de moissonneurs  au bureaucrate de l’administration centrale du palais. Les scribes pouvaient exercer aussi des charges cléricales et militaires. Ainsi, les scribes assumaient, par délégation du roi, le pouvoir dans tous les domaines : économiques, politiques, militaires et religieux. La grande majorité de la population étant analphabète, ils exerçaient aussi le métier d’écrivain public. Ils établissaient les contrats légaux les plus divers et servaient aussi parfois de témoin, ils écrivaient les lettres sous la dictée ou les lisaient à ceux qui ne pouvaient le faire eux-mêmes. Le monde des scribes était fortement hiérarchisé, tous obéissaient au scribe suprême : le vizir.

l

Modèle de grenier avec scribes enregistrant la rentrée du grain provenant de la tombe de Nakhty à Assiout 1950-1900 avant notre ère bois peint

Dans L’Égypte ancienne la parole divine et l’écriture hiéroglyphique représentent les deux faces d’une même réalité,appartenant toutefois à deux mondes distincts.Le langage divin inaudible dans le monde des hommes,y est accessible en tant qu’écriture,écriture qui redevient parole quand les prêtres leur redonne vie au cours de rituels,en lisant les textes.

A voir Musée archéologique de Lattes(Hérault):

Exposition « À l’école des scribes. Les écritures de l’Égypte ancienne »

ecritures-egyptiennes

http://museearcheo.montpellier3m.fr/evenements/9-juillet-2016-2-janvier-2017-exposition-l-cole-des-scribes-les-critures-de-l-gypte

 

 

 

Japon,le temps du shogunat(XIIème-XIXème siècle)

 

Japon,le temps du shogunat(XIIème-XIXème siècle)

IMG_20160805_0001.web

aquarelle Michel Bois

Le Château de Nijo se trouve à Kyoto.C’est Tokugawa qui le fit construire en 1603.Celui-ci fut daimyo (seigneur local qui gouvernait un fief ou un clan) puis shogun du Japon dont il fut le dernier des trois unificateurs.

IMG_20160805_00012

Le shogun Tokugawa

Le shogunat a succédé à la féodalité traditionnelle en marginalisant l’institution impériale réduite à son caractère religieux.c’est à Edo (future Tokyo)que les shogun Tokugawa se succédèrent en exerçant un pouvoir de fait sur tout le Japon,tandis que les empereurs continuaient d’incarner à Kyoto un pouvoir symbolique.Le shogun tout puissant était libre de prendre toutes les décisions de gouvernement.C’est lui qui,en 1637,interdit le christianisme au Japon,puis l’année suivante,qui déclara fermé le Japon à tous les occidentaux.

La période Tokugawa, à la différence des familles de shoguns précédentes, était fondée sur la stricte hiérarchie des classes originellement établie par Toyotomi Hideyoshi. La classe guerrière des samouraïs  était au sommet, suivie des fermiers, des artisans et des commerçants. L’ironie voulut que l’extrême rigueur du système de caste finit à long terme par miner l’autorité de ces classes. Les taxes sur la paysannerie étaient constituées de montants fixes qui ne tenaient pas compte de l’inflation ou de tout autre changement de la valeur monétaire. Le résultat fut que le revenu des taxes collectées par les samouraïs propriétaires terriens devint de plus en plus maigre avec le temps. Cela conduisit à de nombreuses confrontations entre les nobles mais appauvrit les samouraïs et les paysans aisés.

Vers la fin du XIXe siècle, l’empereur en titre, soutenu par une alliance des plus puissants daimyos finit par faire chuter le règne des shoguns et récupérer le pouvoir après la guerre du Boshin. Les shoguns de Tokugawa s’éteignirent définitivement en 1868, avec l’abdication du 15e shogun, Tokugawa Yoshinobu et la « Restauration »  de la loi impériale.

Le mont Aigoual

Le mont Aigoual

Le mont Aigoual , sommet situé dans le sud du Massif central, à la limite entre le Gard et la Lozère, culmine à 1 565 mètres d’altitude. Cela en fait le point culminant du Gard et le second de la Lozère ainsi que des Cévennes, après le mont Lozère (1 699 mètres).

72877030820081512

 

Bastion sud-est du Massif central, le mont Aigoual est remarquable par son panorama, son climat et son observatoire météorologique avec un point de vue remarquable – un quart de la France – . Autrefois couvert de forêts puis de forêts et de bons pâturages (XVIIIe siècle), la forêt et les sols surexploités s’y dégradent brutalement au XIXe siècle, engendrant des crues catastrophiques (1844, 1856, 1861, 1868 notamment). C’est alors sur ce mont et dans son massif qu’a été entreprise au XIXe siècle la première grande opération de reforestation anti érosive en France (constitution d’une forêt de protection sur les sols érodés par la déforestation et le surpâturage, appuyées par les premières bases scientifiques de la phytosociologie et de la pédologie).

observatoire1

 

Un imposant bâtiment aux airs de château fort y abrite la dernière station météo de montagne en service en France. Cet observatoire a été inauguré en 1894.

img_20161101_0001

Vue EST du Mont Aigoual,aquarelle Michel Bois

Haut lieu de l’histoire des camisards et maquisards, le mont Aigoual a inspiré de nombreux écrivains cévenols tels André Chamson, Jean-Pierre Chabrol ou Jean Carrière.

 

 

« Certains hommes espéraient entrer dans l’Histoire.Nous étions quelques-uns à préférer disparaître dans la géographie. »

Sylvain Tesson, Sur les chemins noirs.

 

Merci à Jean-Claude et Colette,Jacques et Josiane.